04/09/2017

Prévoyance vieillesse : à la recherche du graal ?

La durée de vie du projet Prévoyance 2020 fait l’objet de toutes les interrogations. En effet, il serait étonnant que les différentes solutions techniques proposées répondent d'emblée aux besoins de la société. Etant donné sa complexité, cette réforme doit être considérée, par définition, comme provisoire et perfectible dans le temps.

Il faut abandonner l'idée qu'une institution sociale aussi vitale que les pensions de vieillesse pour le bon fonctionnement de notre société  - au sein de laquelle les relations humaines changent en permanence - puisse rester figée pendant une longue période de temps. L’important sera, une fois la réforme adoptée, de commencer immédiatement réfléchir au mécanisme qui pourrait accompagner le système en fonction des besoins des citoyens afin d'assurer que les révisions nécessaires seront effectuées en temps opportun.

En effet, les groupes de population directement concernés par les mesures prises en matière de pensions sont trop nombreux pour qu'on puisse trouver dès le départ un équilibre optimum. Mises à part les grandes divisions entre jeunes et vieux, actifs et inactifs, hommes et femmes, employeurs et employés, il existe des sous-catégories parmi certains groupes : par exemple mariés et célibataires, travailleurs à plein temps et à temps partiel. Il faudra du temps pour que les intérêts conflictuels entre ces groupes puissent trouver une solution dans le cadre d'une discussion démocratique. Le projet contient déjà un certain nombre de propositions, par exemple pour différentier entre bénéficiaires actuels et rentiers futurs ou pour mieux assurer les bas salaires par l'abaissement du seuil d'accès à la prévoyance professionnelle. Il n'y aura donc qu'à poursuivre dans cette voie.

Dans l’immédiat, il faut retenir que le projet mis en votation représente une solution au moins temporaire aux problèmes urgents des pensions. Il touche l'ensemble du secteur des prestations de vieillesse et il est le résultat d'un compromis librement consenti par les principaux partenaires sociaux. Pour toutes ces raisons, il convient de voter OUI.

08:34 Publié dans Société | Tags : prévoyance, rentes, vieillesse, votation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

26/01/2017

Et si la prospérité ne restait pas?

argent suisse.jpgDans le débat sur la Réforme de l’imposition des entreprises (RIE 3), intéressons-nous, pour une fois, à ce qui se passerait en cas de refus.

Deux cas de figures seraient possibles. Premier cas : le Conseil fédéral décide manu militari d’abolir les statuts spéciaux pour mettre notre pays en conformité avec les normes internationales. Pour Genève, cela veut dire que toutes les entreprises auraient un taux d’imposition de 24%, soit plus qu’un doublement du taux pour les sociétés à statuts.

Second cas : les statuts fiscaux spéciaux ne seraient pas abolis et la Suisse « aurait un problème de conformité avec (s)es engagements » comme l’a dit lundi à la RTS le directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE. Conséquences pratiques pour les entreprises exportatrices : des tracasseries administratives sans fin. Quand on sait que la Suisse gagne un franc sur deux grâce aux exportations, ce n’est pas une bonne nouvelle, pour le dire sobrement.

Dans les deux cas, donc, nombre d’entreprises se relocaliseraient hors de Suisse.

Lorsqu’une entreprise part, disparaissent tous les emplois directs. A ceux-ci s’ajoutent ceux qui dépendaient de cette entreprise : les fournisseurs, les sous-traitants ; mais aussi les commerces de proximité : les employés de cette entreprise mangent au restaurant à midi, font leurs achats dans les magasins de la ville, etc. Il y a actuellement 1,6 emploi indirect pour 1 emploi direct dans une société à statut.

Regardons maintenant qui occupe les postes dans les multinationales. Des étrangers venus manger notre pain ? Pas de chance : ce sont majoritairement des Suisses et des permis C.

Aucune entreprise travaillant avec l’étranger ne serait intéressée à s’installer dans un pays qui entretient des relations difficiles avec ses partenaires commerciaux. En conséquence, la Suisse aurait des difficultés à accueillir de nouvelles entreprises créatrices de valeur ajoutée et d’emplois. On pourrait au mieux espérer des entreprises intéressées uniquement par le marché suisse. Mais, enfin, 8 millions de Suisses comparés aux 500 millions de consommateurs que compte l’UE, c’est sexy comme un dimanche de pluie à Genève.

En conclusion, accepter la réforme, c’est supporter des pertes fiscales temporaires en maintenant l’emploi et l’attractivité helvétique. La refuser, c’est supporter des pertes d’emplois certaines et des pertes fiscales durables.

15:58 Publié dans Economie, Suisse | Tags : rie3, votation | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |