10/04/2013

La politique de l’autruche ne résout pas les problèmes

L’édito de la Tribune de Genève du jour m’estomaque. Ainsi, le projet-pilote de vidéoprotection aux Pâquis est qualifié de « gadget de luxe qui vise à rassurer ». Après ce titre péremptoire, l’auteur explique – correctement – que, selon les études, les lieux et les moments, de tels systèmes fonctionnent un peu, beaucoup ou pas du tout. Et relève – toujours correctement – qu’il faut évidemment des policiers disponibles pour intervenir sitôt une infraction constatée.

Parce qu’il n’y a pas de certitude, est-ce alors une raison pour ne rien faire ? Clairement non !

Qui aurait pensé, il n’y a encore que 4 ou 5 ans, que la sécurité deviendrait l’un des aspects dont il faut se soucier lorsqu’il s’agit de rendre Genève attrayante pour les entreprises ? Les touristes sont la cible privilégiée des voleurs, comme c’était le cas à Sao Paolo il y a 15 ans. La différence avec des endroits qui se sont fait une réputation pour leur taux de délinquance, tels St Denis ou le Bronx, c’est qu’on peut éviter ces quartiers, alors qu’à Genève, c’est le cœur de la cité qui est touché (p. ex. place du Molard). Sans surprise, la sécurité est désormais un facteur négatif pour certains organisateurs de congrès qui envisagent de tenir leur évènement à Genève. Plus généralement, les commerçants redoutent les braquages avec violence, aux conséquences humaines non négligeables, nombre de victimes se retrouvant souvent à l’AI à la suite d’un tel traumatisme. A l’autre extrémité de l’échelle des crimes commis, le vandalisme de l’outil de travail (fourgonnettes ou vitrines taguées ou abimées), humainement sans gravité, n’est pas couvert par les assurances, et engendre des frais qui finissent par être conséquents.

La sécurité est un excellent exemple de comment Genève, à force de se reposer sur ses lauriers et de penser que ses atouts étaient intangibles, a réussi à laisser s’évaporer ce qui était l’une de ses marques de fabrique… Je me souviens encore, lors de mes débuts au Conseil municipal, comment un élu de gauche a rétorqué à l’une de mes interventions sur la sécurité que c’était la droite qui créait l’insécurité en en parlant !

Donc, à la question « faut-il consacrer 3,9 millions à un outil dont l’efficacité est incertaine ? », la réponse est oui : on essaie d’abord, on tire un bilan ensuite.

13:44 Publié dans Genève, Humeur | Tags : sécurité, vidéoprotection, vidéosurveillance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |