26/01/2014

Provocateurs et perturbateurs…

Mardi dernier, à l’occasion d’un débat sur une modification du règlement relative aux éventuelles sanctions à appliquer aux élus perturbateurs, les conseillers municipaux de la Ville de Genève ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : parler d’eux-mêmes. Plusieurs d’entre eux ont insisté sur le fait qu'il est dans la nature même d'une discussion démocratique d'exciter et de provoquer l'adversaire pour qu'il se laisse aller à un dérapage gestuel ou verbal, affaiblissant ainsi la portée de son argument. Rien de plus naturel, pensent-ils et, lorsque c'est réussi, c'est au minimum de bonne guerre, quand ce n’est pas franchement un excellent point pour le provocateur.

Ceci mérite réflexion. Le petit jeu de la provocation est-il vraiment propre à la nature d'une discussion démocratique? Ou s'agit-il plutôt d'une déviation machiavélique par laquelle tout est permis pour déstabiliser l'adversaire? Si l’on admet cette dernière vision, ne faudrait-il pas envisager une sanction des provocateurs aussi bien que celle des perturbateurs?

Peut-on vraiment punir un élu pour sa mauvaise conduite, et partant, toute l'équipe dont il porte les couleurs, comme on le fait dans un match de hockey? Rien n'est moins sûr. L’essentiel du débat a porté sur la légalité d’un retrait, fut-il temporaire, du droit de vote du perturbateur, dépositaire – au travers de son élection - d’une parcelle de souveraineté populaire. En outre, une telle mesure au niveau d’un conseil municipal pourrait se révéler difficile à mettre en œuvre dans les faits.

Finalement, la sanction la plus efficace serait peut-être d’ordre moral, incarnée par le rejet du perturbateur par l'ensemble de ses pairs. Mais pour ce faire, if faudrait sans doute commencer par l’éducation (la rééducation ?) des provocateurs…

19:09 Publié dans Genève, Humeur | Tags : conseil municipal, sanction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |