22/08/2013

Voulons-nous vraiment boire la tasse?

 

piscine.jpgIl faut, dit-on, avoir atteint le fond pour donner un coup de pied et remonter vers la surface. Est-ce le but que poursuivent certains? Regardons juste ce qui s’est passé cet été : juin, aboutissement du référendum contre la densification des zones de développement (voir ma note), août, lancement d’un référendum à Versoix contre la réalisation d’un immeuble de 10 étages.

Et partout, la même argumentation, puissante et visionnaire : « oui, mais pas comme ça ! ». En réalité, ces oppositions recouvrent, pour la plupart, une remise en question du modèle économique genevois même si l’expression « croissance 0 » a disparu du vocabulaire.

La croissance économique n’est pas une fin en soi. Elle n’est que le moyen de conserver le confortable niveau de vie auxquels les Genevois sont habitués. La seule question est : comment pérenniser notre niveau de développement économique et social ?

Notre tissu économique résiste mieux aux crises que d’autres parce qu’il est constitué de plusieurs secteurs d’importance à peu près égale, dont certains sont historiques et d’autres, nouveaux, liés au développement de start-ups qui trouvent ici cerveaux et financement. L’existence même de ce tissu dépend d’une population active particulièrement qualifiée, notamment grâce à l’apport de travailleurs étrangers, et d’un secteur international (organisations internationales et entreprises multinationales) fort. Affaiblir l’un de ces piliers déstabilise l’ensemble de l’édifice.

Empêcher la construction de logements revient à dire qu’on ne souhaite pas loger davantage de travailleurs. Or, si on fait fuir les travailleurs, on fait fuir les entreprises. Et il ne restera plus personne pour contribuer à l’AVS, à l’hôpital et à tous ces services publics auxquels nous estimons (à juste titre) avoir droit.

Quand on aura coupé les jambes à l’économie locale et touché le fond, comment fera-t-on pour remonter à la surface ?


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27/06/2013

Un nouveau quartier de qualité : « yes, we can ! »

20090724_gare_eaux-vives.jpgL’adoption par le Conseil d’Etat, ce mercredi, du PLQ de la gare des Eaux-Vives, n’est évidemment pas une surprise mais c’est néanmoins une bonne nouvelle qui mérite que l’on s’y attarde.

Pour la Ville de Genève, c’est un projet d’aménagement d’une envergure (34’000m2 de superficie) comme il s’en présente peu – par la force des choses - et un nouveau quartier idéal à bien des égards : mixité logements et activités, équipements publics (crèches, équipements sportifs), activités culturelles (puisque ce sera le siège de la Nouvelle Comédie), voie verte et transports collectifs à portée de main.

Avec un bonus : le nombre de logements prévus dans ce PLQ, 310 au total, est supérieur d’environ 50 à celui imaginé par le PDQ (plan directeur de quartier). On ne peut que s’en réjouir !

Lors du vote de ce PLQ au Conseil municipal, j’avais toutefois, au nom du groupe démocrate-chrétien, émis quelques réserves, notamment par rapport au fameux ratio «un logement pour un emploi». Certains groupes ont souhaité graver ce ratio dans le marbre. De telles impositions de principe ont peu de sens ; ce sont des équilibres vers lesquels un projet d’aménagement doit tendre, pas des règles absolues. D’ailleurs, c’est la Ville qui, à l’occasion des toutes premières discussions sur le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV), avait fait remarquer qu’une bonne gestion de l’urbanisme impliquait de veiller à une mixité d’emplois et de logements, notamment pour des questions de transports.

Autre bémol certain, le PLQ n’octroie qu’une demi-place de stationnement par logement. C’est une proportion extrêmement faible, dans un quartier où il manque 450 places depuis le temps de M. Ferazzino – ce chiffre avait été calculé par ses services à l’époque, on ne peut donc pas le taxer d’exagération. La présence des transports publics et du train (CEVA à la gare des Eaux-Vives) mitigent naturellement ce problème. Néanmoins, ce n’est pas en diminuant les équipements là où il y en a déjà peu que l’on résoudra le problème à long terme.

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12/06/2013

Ne pas avoir peur du changement !

Le référendum qui vient d’être lancé contre la densification des zones de développement est inquiétant à plus d’un titre. Nième manifestation du syndrome « pas derrière chez moi », il repose sur une erreur fondamentale et pourtant inlassablement colportée : la densité ne nuit pas à la qualité urbaine. Les Morgines, à Onex, ont une densité de 1,4, comme le Vieux-Carouge. Les exemples peuvent être multipliés et montrent tous la même chose : la densité, prise pour elle-même ne signifie en réalité rien. Ce qui compte, c’est la forme donnée à l’urbanisation : y a-t-il des espaces verts, comment circule-t-on dans et vers le quartier, quelle est l’esthétique des bâtiments ? Tels sont les aspects qui comptent vraiment.

Les référendaires relèvent que cette loi « changera fondamentalement » l’aspect du canton. Et c’est heureux ! Différentes études montrent que, à moins d’une crise économique majeure, la population augmente. Seule la vitesse de croissance diffère selon les scénarios. Il est essentiel de pouvoir loger cette population et le canton doit s’adapter en conséquence, comme il s’est modifié au cours des siècles passés.

Il y a dans ce mouvement de refus une part de peur du changement et une part d’égoïsme. C’est très humain… mais ce n’est guère acceptable pour autant. Car, bien que les référendaires s’en défendent, refuser la densification est par définition synonyme de refuser le développement économique.

On se félicite actuellement de toutes parts que l’économie suisse et genevoise résiste à la crise environnante, mais cela n’est pas dû au hasard. C’est parce que notre économie est diversifiée et qu’elle arrive, tant bien que mal, à créer des emplois. Ce cercle vertueux est pourtant fragile.

Les Genevois ne peuvent pas se conduire en enfants gâtés et ne manger que la crème sur le dessus du gâteau. Sinon, il n’y aura bientôt plus ni gâteau ni pâtisserie. Et là, il sera trop tard pour faire machine arrière !

12:44 Publié dans Genève | Tags : aménagement, densité, densification, référendum | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |