21/09/2013

Aménagement: communiquer ne suffit pas, il faut dialoguer

PDCn.jpgLe Plan directeur cantonal 2030 a été adopté par le Grand Conseil. Voilà une bonne nouvelle car ce plan est le reflet d’une volonté marquée d’accompagner une croissance ordonnée du canton. Des réserves de terrains à bâtir – logements et activités – sont identifiées en application des principes énoncés par la nouvelle constitution genevoise : une agglomération compacte, multipolaire et verte.

Genève confirme par là son engagement, pris vis-à-vis de ses partenaires du Grand Genève, de créer des logements. N’en déplaise aux partisans du repli sur soi, le futur n’existe que compris à l’échelle de l’agglomération, au minimum.

Les tribulations du Plan directeur cantonal portent cependant un autre enseignement. On se souviendra que c’est une version revue et corrigée qui a été votée hier. Les besoins et particularités des communes ont été pris en compte dans cette version bis. C’est que l’aménagement ne se décrète pas, il se concerte. Les questions d’aménagement mobilisent les citoyens, car elles touchent leur environnement quotidien. Comme l’ont démontré quelques scrutins récents, l’époque où les autorités pouvaient imposer leurs vues est révolue.

Modification des relations entre élus et société civile, individualisme qui mène au NIMBY (Not In My BackYard) sont quelques-unes des raisons qui font qu’une opposition – même minoritaire -  motivée et organisée, relayée par des porte-voix politiques peut facilement faire échouer un projet. Il ne faut pas forcément regretter ce changement : l’autorité n’a pas la science infuse et on est souvent plus intelligent à plusieurs que tout seul. Mais cela signifie que les collectivités publiques doivent changer de méthode.

La séance d’information en bout de chaîne, lorsque toutes les validations techniques ont été faites, n’est pas la bonne méthode. Siégeant depuis de nombreuses années à la commission municipale de l’aménagement (Ville de Genève), j’ai constaté en direct à plusieurs reprises les dégâts que cause cette pratique.

Il est impératif pour les collectivités publiques de changer de méthode et de dialoguer, dans un cadre bien posé et bien compris. Cela prend certes du temps, mais une planification attentive des projets peut facilement pallier ce qui pourrait être vu comme un inconvénient. Espérons que tant le canton que les communes s’en souviendront lors de l’élaboration de leurs programmes futurs.

 

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15/09/2013

Il est urgent d’inventer l’avenir

Cette sempartenariat public-privé, traversée du lacaine a été publiée une étude sur les possibilités de réaliser la Traversée du Lac par un partenariat public-privé (PPP). Celle-ci démontre, entre autres choses, que des solutions innovantes existent qui nous permettent de répondre, notamment, à nos besoins en infrastructures même en période de resserrement budgétaire. Je ne peux pas m’empêcher de relever, au passage, que l’un des arguments invoqués par les opposants de principe à ce type de solution est qu’un tel ouvrage devant être normalement financé par la Confédération, il n’est pas utile de chercher des modes de financement alternatif. Comme si l’argent de la Confédération coulait d’une source qui nous est étrangère, alors que, in fine, finances cantonales ou finances fédérales, c’est toujours de l’argent du contribuable qu’on parle !

Des solutions nouvelles ne s’élaborent pas en un jour et elles demandent, en premier lieu, de surmonter paresse et peur du changement qui font que l’on reste trop volontiers sur les rails connus, fussent-ils insatisfaisants. Comme l’a souligné avec beaucoup de pertinence le président du Conseil d’Etat Charles Beer à l’occasion de l’anniversaire des 60 ans de présence en Suisse de Procter & Gamble, il est impératif d’imaginer l’avenir dès aujourd’hui, sans confondre, toutefois, mouvement et agitation.

Mais mouvement il doit y avoir. Genève est en retard en matière de logements et de mobilité, pour ne citer que ces deux aspects. Le visage de notre canton est appelé à se transformer. Et, pour une fois, ce ne sera pas dans les vieux chaudrons qu’on fera les meilleures soupes. Ce nouveau visage doit être inventé en tenant compte de nouveaux paramètres. Par exemple, comment doser logements et bureaux de telle sorte à éviter de créer des pendulaires forcés ? Comment densifier l’habitat tout en conservant des espaces de verdure, de jeux pour enfants ? Comment opérer une transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables sans que ce soit pénalisant pour l’industrie ?

Il existe des réponses satisfaisantes à toutes ces questions et on peut en distinguer ici et là les prémices. Mais il s’agit maintenant de donner un sérieux coup de collier pour que les ébauches se transforment en projets concrets et réalisables à court et moyen terme.

19:34 Publié dans Genève, Humeur | Tags : partenariat public-privé, traversée du lac | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

03/09/2013

Femmes et carrière : une question de société, pas de genre

femmes,carrière,flexibilitéJ’ai assisté hier soir au débat des femmes de l’Entente intitulé « Femmes entrepreneures en 2013 : Mission impossible ? » Comme en ont témoigné les quatre intervenantes[i], la mission est tout à fait possible et aucune d’elle n’a le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel. Ce qui est sans doute la caractéristique dominante des femmes : elles agissent d’abord, elles en parlent ensuite.

Cette retenue est, de mon point de vue, une qualité qui profiterait au monde des affaires au sens large : une prise de risque plus mesurée et, donc, moins d’échecs, une vision globale plutôt que sectorielle et une plus grande attention aux aspects humains de l’entreprise. Dans son introduction, Isabel Rochat relevait d’ailleurs que, selon une récente enquête, les femmes ne sont que 23% à ne voir dans leur carrière qu’un moyen de gagner leur vie.

Autant de qualités dont toutes les entreprises pourraient profiter. Et pourtant, en 2010, les femmes n’étaient que 4% à occuper des fonctions dirigeantes selon l’Office fédéral des statistiques.

L’un après l’autre les clichés sont faciles à démonter. Ainsi, il n’est pas vrai que les femmes ont de moins bons réseaux parce qu’elles ne terminent pas leurs journées en « after work » au bar du coin. Interrogées sur les difficultés rencontrées lors de la création de leur entreprise, les femmes n’ont pas d’histoires différentes de celles des hommes, la première préoccupation étant généralement de trouver un financement.

L’aménagement du temps de travail revient beaucoup dans les discussions. Mais ce qui frappe, c’est qu’on pense toujours à aménager le temps de travail… POUR les femmes. Cette idée, vertueuse en soi, porte en elle ses propres limites. En ayant cette vision, on distingue toujours les femmes des hommes. Or, l’objectif est bien de faire en sorte que femmes et hommes aient le même accès aux carrières dirigeantes. La flexibilité du travail (horaires, modalités, etc.) est un objectif à poursuivre dans l’intérêt même de la société et non des seules femmes. Cela suppose avant tout un changement de mentalité et les femmes doivent en être les premières artisanes, en prenant en main leur destin professionnel, à l’image des intervenantes d’hier.

12:29 Publié dans Société | Tags : femmes, carrière, flexibilité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |