03/09/2013

Femmes et carrière : une question de société, pas de genre

femmes,carrière,flexibilitéJ’ai assisté hier soir au débat des femmes de l’Entente intitulé « Femmes entrepreneures en 2013 : Mission impossible ? » Comme en ont témoigné les quatre intervenantes[i], la mission est tout à fait possible et aucune d’elle n’a le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel. Ce qui est sans doute la caractéristique dominante des femmes : elles agissent d’abord, elles en parlent ensuite.

Cette retenue est, de mon point de vue, une qualité qui profiterait au monde des affaires au sens large : une prise de risque plus mesurée et, donc, moins d’échecs, une vision globale plutôt que sectorielle et une plus grande attention aux aspects humains de l’entreprise. Dans son introduction, Isabel Rochat relevait d’ailleurs que, selon une récente enquête, les femmes ne sont que 23% à ne voir dans leur carrière qu’un moyen de gagner leur vie.

Autant de qualités dont toutes les entreprises pourraient profiter. Et pourtant, en 2010, les femmes n’étaient que 4% à occuper des fonctions dirigeantes selon l’Office fédéral des statistiques.

L’un après l’autre les clichés sont faciles à démonter. Ainsi, il n’est pas vrai que les femmes ont de moins bons réseaux parce qu’elles ne terminent pas leurs journées en « after work » au bar du coin. Interrogées sur les difficultés rencontrées lors de la création de leur entreprise, les femmes n’ont pas d’histoires différentes de celles des hommes, la première préoccupation étant généralement de trouver un financement.

L’aménagement du temps de travail revient beaucoup dans les discussions. Mais ce qui frappe, c’est qu’on pense toujours à aménager le temps de travail… POUR les femmes. Cette idée, vertueuse en soi, porte en elle ses propres limites. En ayant cette vision, on distingue toujours les femmes des hommes. Or, l’objectif est bien de faire en sorte que femmes et hommes aient le même accès aux carrières dirigeantes. La flexibilité du travail (horaires, modalités, etc.) est un objectif à poursuivre dans l’intérêt même de la société et non des seules femmes. Cela suppose avant tout un changement de mentalité et les femmes doivent en être les premières artisanes, en prenant en main leur destin professionnel, à l’image des intervenantes d’hier.

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22/08/2013

Voulons-nous vraiment boire la tasse?

 

piscine.jpgIl faut, dit-on, avoir atteint le fond pour donner un coup de pied et remonter vers la surface. Est-ce le but que poursuivent certains? Regardons juste ce qui s’est passé cet été : juin, aboutissement du référendum contre la densification des zones de développement (voir ma note), août, lancement d’un référendum à Versoix contre la réalisation d’un immeuble de 10 étages.

Et partout, la même argumentation, puissante et visionnaire : « oui, mais pas comme ça ! ». En réalité, ces oppositions recouvrent, pour la plupart, une remise en question du modèle économique genevois même si l’expression « croissance 0 » a disparu du vocabulaire.

La croissance économique n’est pas une fin en soi. Elle n’est que le moyen de conserver le confortable niveau de vie auxquels les Genevois sont habitués. La seule question est : comment pérenniser notre niveau de développement économique et social ?

Notre tissu économique résiste mieux aux crises que d’autres parce qu’il est constitué de plusieurs secteurs d’importance à peu près égale, dont certains sont historiques et d’autres, nouveaux, liés au développement de start-ups qui trouvent ici cerveaux et financement. L’existence même de ce tissu dépend d’une population active particulièrement qualifiée, notamment grâce à l’apport de travailleurs étrangers, et d’un secteur international (organisations internationales et entreprises multinationales) fort. Affaiblir l’un de ces piliers déstabilise l’ensemble de l’édifice.

Empêcher la construction de logements revient à dire qu’on ne souhaite pas loger davantage de travailleurs. Or, si on fait fuir les travailleurs, on fait fuir les entreprises. Et il ne restera plus personne pour contribuer à l’AVS, à l’hôpital et à tous ces services publics auxquels nous estimons (à juste titre) avoir droit.

Quand on aura coupé les jambes à l’économie locale et touché le fond, comment fera-t-on pour remonter à la surface ?


12:38 Publié dans Genève | Tags : aménagement, logements, croissance, économie, développement | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

15/08/2013

Une bonne prévention est une prévention pragmatique

iStock drogue.jpgLa Tribune de Genève du week-end annonçait une bonne nouvelle : Genève pourrait bientôt (enfin !) autoriser le drug testing. C’est une bonne nouvelle parce que cette pratique, qui permet aux consommateurs de stupéfiants de les faire tester, représente indéniablement un avantage en termes de santé publique. Les professionnels de la prévention sont unanimes : il y a actuellement une surmortalité liée aux produits introduits, à l’insu des consommateurs, dans les doses vendues. Même si ces produits « étrangers » sont parfois insignifiants, s’ils sont pris isolément (farine ou plâtre, p. ex.), mélangés aux autres substances, ils peuvent devenir très dangereux.

En 2009, le Conseil municipal avait débattu de drug testing, à la faveur d’une motion. Deux attitudes s’affrontaient alors : d’une part, le respect littéral de la loi – on ne peut pas proposer de faire tester la drogue puisque tant sa consommation que sa vente sont illégales - et, d’autre part, le pragmatisme lié à une situation donnée. Au nom du groupe démocrate-chrétien, j’avais défendu la vision selon laquelle l’interdiction pure et simple, en matière de santé publique comme dans d’autres domaines, ne sert finalement qu’à une seule chose: faire plaisir à celui qui la formule.

Il est incroyablement naïf d’imaginer que la possibilité de tester son produit constitue une incitation à la consommation. A contrario, l’exemple de Zurich montre que la polyconsommation a diminué et que ces tests sont autant d’occasion de sensibiliser les consommateurs aux risques encourus. L’efficacité du travail mené par Première ligne n’en sera qu’augmentée.

Et même si une action de ce type ne permet de sauver qu’une seule vie, elle a déjà atteint son objectif!

08:47 Publié dans Genève | Tags : drogue, drug testing, prévention, première ligne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |