13/11/2013

Encore un petit effort...

fumer, vapotterLa Suisse progresse : encore un petit effort et nous serons en dictature. Après avoir exilé les fumeurs sur les trottoirs, voilà maintenant qu’un simple fac-similé de cigarette déchaine des oukases. Serait-ce que les cigarettes électroniques présentent un danger pour des tiers ? Pour le « vapotteur » ? Ben, en fait, on n’en sait rien… Donc l’interdiction de vapotter dans les transports publics n’est pas une mesure de santé publique ? Non, non c’est juste que la vision de l’objet pourrait énerver les gens…

C’est qu’on a affaire ici à la redoutable combinaison de la « bien-pensance » galopante (fumer est anathème et la liberté du non-fumeur prend le pas sur celle de tous les autres) et des procédures administratives (vapotter rend la traque aux fumeurs contrevenants difficile pour les employés chargés de faire appliquer les normes). Et, bien entendu, dès qu'un exercice devient compliqué, on cadre, on limite ou on interdit. C'est tellement plus simple!

Cette nouvelle est moins anecdotique qu’il n’y paraît : pour moi, elle est une manifestation de plus que le gouvernement régit la société selon des critères valables pour le plus grand nombre. Et peu importe si la « minorité » laissée de côté fait 10 ou 20% de la population. Soit on rentre dans le moule, soit on n’y rentre pas et alors, point de salut !

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20/10/2013

Devenons idiots mais sauvons la nature !

La mobilitémobilité est en train de devenir le nouveau cheval de bataille de ceux qui entendent protéger la nature. Nouveau car, jusqu’à présent, le débat se situait surtout au plan du mode de transport utilisé : il fallait renoncer à la voiture privée et privilégier les transports collectifs. A présent, c’est la mobilité comme telle qui est remise en question. Comme l’a souligné en début de semaine un journaliste de RTS La Première dans une chronique, un débat sur le prix du transport (prix de l’essence, mais aussi coût des infrastructures, pour le train. p. ex.) sera inévitable. Encore faudra-t-il poser un cadre à la discussion. Une récente proposition des Verts genevois de prélever une taxe C02 vise, selon ses auteurs, spécifiquement les vols «low cost» desservant des destinations pour lesquelles d’autres modes de transport constitueraient une alternative. Techniquement, leurs prémisses sont fausses car 80% des émissions de CO2 dues à l’aviation proviennent de vols long-courrier couvrant une distance de plus de 1'500 kilomètres (source : IATA). Pour ces destinations, il n’existe pas d’alternative crédible au transport aérien. Au-delà de cela, cette proposition revient à lutter contre la démocratisation des voyages.

Faut-il donc, au nom de la préservation de la nature renoncer à voyager ou, pire encore, décréter que le voyages doivent être l’apanage des antis ? Peut-on dire que notre envie de mobilité est funeste, qu’on y est « accro » (titre de la chronique) ?

Un tel postulat me hérisse le poil à deux titres. Tout d’abord, il repose sur une certaine idée de ce qui doit constituer le bonheur de l’individu. Mais qui dit que, dans trois ou quatre générations, ce qui paraîtra désirable sera toujours la même chose ? La « nature » (et encore pourrait-on discuter de ce que l’on range sous ce vocable) ne représentera peut-être plus cet idéal si cher à ses défenseurs d’aujourd’hui.

Ensuite, il me semble clair que les voyages, lointains ou proches, sont les moteurs de notre ouverture d’esprit, de notre capacité à aller – mentalement comme physiquement – à la rencontre de l’autre. Les voyages sont toujours une source d’enrichissement intellectuel. Veut-on revenir à l’époque – d’ailleurs pas si lointaine – où le grand voyage d’une vie se résumait à une incursion dans la vallée d’à côté ?

Notre façon de voyager aujourd’hui a un coût environnemental, c’est évident. Mais le bénéfice que nous en tirons, individuellement et collectivement, en vaut infiniment la peine.

 

20:02 Publié dans Société | Tags : mobilité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

27/09/2013

Construire plus et mieux : comment relever le défi ?

Telle était laTom Chance, BedZED question posée par Maurice Gardiol, constituant et président du PS de Plan-les-Ouates, aux panélistes de tous partis qu’il avait invités mercredi soir dernier. Pour ma part, j’ai évoqué trois grandes pistes.

Tout d’abord, il serait souhaitable de réviser certaines pratiques ou concepts, souvent au moyen de l’application du simple bon sens. C’est en premier lieu le cas de la notion de densité au sol, mais c’est un sujet sur lequel je ne m’étendrai pas, l’ayant déjà abordé. On peut aussi penser à l’Office du logement social, dont la rigidité tant architecturale que financière crée des carcans empêchant une diversité et une économie de la construction « vivante ». Autrement dit, des logements bon marché ne sont pas condamnés à être moches et petits.

De nouveaux processus doivent également être mis en œuvre. La révision du nombre et de la nature des étapes conduisant à l’élaboration d’un PLQ - déjà entamée – est indispensable. Mais d’autres mesures peuvent également être prises. Ainsi, le transfert de droits à bâtir, qui se pratique couramment entre deux parcelles, pourrait être appliqué à des zones plus larges. Au sein d’un périmètre donné, la répartition des espaces pourrait ainsi être effectuée plus intelligemment et éviterait de mettre en concurrence, par exemple, construction de logements et préservation de zones de verdure.

Enfin, Genève ne recourt pas assez à certains types d’habitats qui ont fait leurs preuves ailleurs, cet ailleurs n’étant souvent pas beaucoup plus loin que la Sarine : les coopératives. Celles-ci comptent actuellement pour 5% des logements dans toute la Suisse. Or, des études ont montré que le loyer d’un logement en coopérative s’établit environ 20% en dessous d’un loyer usuel. A Zurich, où elles constituent près de 20% du parc de logements, une nette pression à la baisse s’est exercée.

Ce ne sont que quelques pistes, pour la plupart pas compliquées à mettre en œuvre. En matière de construction le premier défi – et le plus long à surmonter – est probablement la peur du changement. Le visage de Genève va changer, que cette mutation soit accompagnée intelligemment ou non. J’ai, quant à moi, la conviction qu’il est possible de créer les logements nécessaires ET d’augmenter le bien-être des Genevois-es.

Photo: quartier BedZED (Beddington Zero Energy Development) au sud de Londres.Le projet couvre 1,7 hectare. Il comprend 100 logements, 2 500 m2 de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant. Source photo: Tom Chance.

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