15/09/2013

Il est urgent d’inventer l’avenir

Cette sempartenariat public-privé, traversée du lacaine a été publiée une étude sur les possibilités de réaliser la Traversée du Lac par un partenariat public-privé (PPP). Celle-ci démontre, entre autres choses, que des solutions innovantes existent qui nous permettent de répondre, notamment, à nos besoins en infrastructures même en période de resserrement budgétaire. Je ne peux pas m’empêcher de relever, au passage, que l’un des arguments invoqués par les opposants de principe à ce type de solution est qu’un tel ouvrage devant être normalement financé par la Confédération, il n’est pas utile de chercher des modes de financement alternatif. Comme si l’argent de la Confédération coulait d’une source qui nous est étrangère, alors que, in fine, finances cantonales ou finances fédérales, c’est toujours de l’argent du contribuable qu’on parle !

Des solutions nouvelles ne s’élaborent pas en un jour et elles demandent, en premier lieu, de surmonter paresse et peur du changement qui font que l’on reste trop volontiers sur les rails connus, fussent-ils insatisfaisants. Comme l’a souligné avec beaucoup de pertinence le président du Conseil d’Etat Charles Beer à l’occasion de l’anniversaire des 60 ans de présence en Suisse de Procter & Gamble, il est impératif d’imaginer l’avenir dès aujourd’hui, sans confondre, toutefois, mouvement et agitation.

Mais mouvement il doit y avoir. Genève est en retard en matière de logements et de mobilité, pour ne citer que ces deux aspects. Le visage de notre canton est appelé à se transformer. Et, pour une fois, ce ne sera pas dans les vieux chaudrons qu’on fera les meilleures soupes. Ce nouveau visage doit être inventé en tenant compte de nouveaux paramètres. Par exemple, comment doser logements et bureaux de telle sorte à éviter de créer des pendulaires forcés ? Comment densifier l’habitat tout en conservant des espaces de verdure, de jeux pour enfants ? Comment opérer une transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables sans que ce soit pénalisant pour l’industrie ?

Il existe des réponses satisfaisantes à toutes ces questions et on peut en distinguer ici et là les prémices. Mais il s’agit maintenant de donner un sérieux coup de collier pour que les ébauches se transforment en projets concrets et réalisables à court et moyen terme.

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03/09/2013

Femmes et carrière : une question de société, pas de genre

femmes,carrière,flexibilitéJ’ai assisté hier soir au débat des femmes de l’Entente intitulé « Femmes entrepreneures en 2013 : Mission impossible ? » Comme en ont témoigné les quatre intervenantes[i], la mission est tout à fait possible et aucune d’elle n’a le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel. Ce qui est sans doute la caractéristique dominante des femmes : elles agissent d’abord, elles en parlent ensuite.

Cette retenue est, de mon point de vue, une qualité qui profiterait au monde des affaires au sens large : une prise de risque plus mesurée et, donc, moins d’échecs, une vision globale plutôt que sectorielle et une plus grande attention aux aspects humains de l’entreprise. Dans son introduction, Isabel Rochat relevait d’ailleurs que, selon une récente enquête, les femmes ne sont que 23% à ne voir dans leur carrière qu’un moyen de gagner leur vie.

Autant de qualités dont toutes les entreprises pourraient profiter. Et pourtant, en 2010, les femmes n’étaient que 4% à occuper des fonctions dirigeantes selon l’Office fédéral des statistiques.

L’un après l’autre les clichés sont faciles à démonter. Ainsi, il n’est pas vrai que les femmes ont de moins bons réseaux parce qu’elles ne terminent pas leurs journées en « after work » au bar du coin. Interrogées sur les difficultés rencontrées lors de la création de leur entreprise, les femmes n’ont pas d’histoires différentes de celles des hommes, la première préoccupation étant généralement de trouver un financement.

L’aménagement du temps de travail revient beaucoup dans les discussions. Mais ce qui frappe, c’est qu’on pense toujours à aménager le temps de travail… POUR les femmes. Cette idée, vertueuse en soi, porte en elle ses propres limites. En ayant cette vision, on distingue toujours les femmes des hommes. Or, l’objectif est bien de faire en sorte que femmes et hommes aient le même accès aux carrières dirigeantes. La flexibilité du travail (horaires, modalités, etc.) est un objectif à poursuivre dans l’intérêt même de la société et non des seules femmes. Cela suppose avant tout un changement de mentalité et les femmes doivent en être les premières artisanes, en prenant en main leur destin professionnel, à l’image des intervenantes d’hier.

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22/08/2013

Voulons-nous vraiment boire la tasse?

 

piscine.jpgIl faut, dit-on, avoir atteint le fond pour donner un coup de pied et remonter vers la surface. Est-ce le but que poursuivent certains? Regardons juste ce qui s’est passé cet été : juin, aboutissement du référendum contre la densification des zones de développement (voir ma note), août, lancement d’un référendum à Versoix contre la réalisation d’un immeuble de 10 étages.

Et partout, la même argumentation, puissante et visionnaire : « oui, mais pas comme ça ! ». En réalité, ces oppositions recouvrent, pour la plupart, une remise en question du modèle économique genevois même si l’expression « croissance 0 » a disparu du vocabulaire.

La croissance économique n’est pas une fin en soi. Elle n’est que le moyen de conserver le confortable niveau de vie auxquels les Genevois sont habitués. La seule question est : comment pérenniser notre niveau de développement économique et social ?

Notre tissu économique résiste mieux aux crises que d’autres parce qu’il est constitué de plusieurs secteurs d’importance à peu près égale, dont certains sont historiques et d’autres, nouveaux, liés au développement de start-ups qui trouvent ici cerveaux et financement. L’existence même de ce tissu dépend d’une population active particulièrement qualifiée, notamment grâce à l’apport de travailleurs étrangers, et d’un secteur international (organisations internationales et entreprises multinationales) fort. Affaiblir l’un de ces piliers déstabilise l’ensemble de l’édifice.

Empêcher la construction de logements revient à dire qu’on ne souhaite pas loger davantage de travailleurs. Or, si on fait fuir les travailleurs, on fait fuir les entreprises. Et il ne restera plus personne pour contribuer à l’AVS, à l’hôpital et à tous ces services publics auxquels nous estimons (à juste titre) avoir droit.

Quand on aura coupé les jambes à l’économie locale et touché le fond, comment fera-t-on pour remonter à la surface ?


12:38 Publié dans Genève | Tags : aménagement, logements, croissance, économie, développement | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |