06/04/2015

Le MAH, le déluge et la rade

mah,radeLe MAH cache des trésors parmi lesquels des tablettes cunéiformes des anciennes civilisations de Mésopotamie. La source de l'information? Le livre d'un conservateur du British Museum, Irving Finkel, publié l'an dernier, sur la construction de l'Arche du Déluge recommandée par l'un des dieux assyriens souhaitant sauver un juste, plus d'un millénaire avant l'Arche de Noé.

On peut lire dans ce livre que "l'histoire essentielle de l'Arche du Déluge se trouve sur la Tablette III du scribe Ipiq-Aya ... Cette tablette est actuellement en deux morceaux. Le plus grand, connu comme C1, pourrait peut-être coller sur le C2, si seulement on était en mesure de les réunir sous le même toit - mais le premier est au British Museum et le second au Musée d'Art et d'Histoire à Genève. Un jour je vais essayer de les coller ensemble... "(p. 94).  Alors, pourquoi ne pas inviter Monsieur Finkel à recoller les deux morceaux à Genève?

Le risque, relativement limité, est de provoquer l'ire de la méchante majorité des dieux de la vieille Babylone, qui pourraient remettre l'ouvrage sur le métier. En effet, le déluge mésopotamien commence par la masse grouillante de l'humanité qui, à une époque aussi reculée que ses déités, faisait du bruit jusqu'à en priver du sommeil le dieu en chef. Les éclats de voix de nos nombreuses votations aidant, la construction d'une arche au large de la rade pourrait donc s'avérer amplement justifiée. Et en cas de naufrage dû à l’absence de marins expérimentés, n'avons-nous pas nos montagnes pleines de résidences secondaires pour nous réfugier?  

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22/02/2015

A chaque institution sociale, sa mission

Depuis leur origine, les allocations familiales font partie des institutions sociales établies dans le cadre de la protection sociale au sens large du terme. Elles ont été créées dans le but d'aider matériellement les familles à remplir leur fonction centrale dans la société, à savoir élever (si possible correctement) les enfants et garantir ainsi la pérennité de celle-ci. Cette mission devrait être préservée, voire même protégée, de l'interaction d'autres institutions sociales.

 

Le système fiscal est l'une de ces dernières. Son objectif est d'assurer une participation équitable des citoyens au financement du coût de fonctionnement des infrastructures publiques créées par la société. Dans la mesure où les prestations en espèces de la sécurité sociale constituent le revenu social d'une personne, la question se pose: ce revenu est-il taxable ou non? Selon les pays et les systèmes en vigueur, des réponses diverses sont données à cette question, toutes dictées par les préoccupations politiques et financières des gouvernants à un moment donné, et de savants calculs servent à démontrer qui sont les gagnants et les perdants de l'une ou de l'autre des solutions proposées.

 

Ce procédé a pourtant un grand défaut. Tous ces calculs d’apothicaire social sur les transferts de revenu entre différentes catégories de la population, par définition à court terme, sont incapables de prévoir le comportement des gens à moyen et long terme, car celui-ci dépend de nombreux facteurs, pas forcément économiques. Et comme on le sait depuis longtemps, pour qu’une institution sociale spécifique ait un sens, il faut qu'elle reste fidèle à son objectif de départ. Toute confusion dans la perception des buts de nos institutions ne peut que nuire à leur efficacité. Laissons donc les allocations familiales et les systèmes fiscaux remplir leurs missions respectives, sans chercher à créer la confusion dans l’esprit du citoyen. Pour cette raison, il est juste que les allocations familiales soient défiscalisées.

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26/01/2014

Provocateurs et perturbateurs…

Mardi dernier, à l’occasion d’un débat sur une modification du règlement relative aux éventuelles sanctions à appliquer aux élus perturbateurs, les conseillers municipaux de la Ville de Genève ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : parler d’eux-mêmes. Plusieurs d’entre eux ont insisté sur le fait qu'il est dans la nature même d'une discussion démocratique d'exciter et de provoquer l'adversaire pour qu'il se laisse aller à un dérapage gestuel ou verbal, affaiblissant ainsi la portée de son argument. Rien de plus naturel, pensent-ils et, lorsque c'est réussi, c'est au minimum de bonne guerre, quand ce n’est pas franchement un excellent point pour le provocateur.

Ceci mérite réflexion. Le petit jeu de la provocation est-il vraiment propre à la nature d'une discussion démocratique? Ou s'agit-il plutôt d'une déviation machiavélique par laquelle tout est permis pour déstabiliser l'adversaire? Si l’on admet cette dernière vision, ne faudrait-il pas envisager une sanction des provocateurs aussi bien que celle des perturbateurs?

Peut-on vraiment punir un élu pour sa mauvaise conduite, et partant, toute l'équipe dont il porte les couleurs, comme on le fait dans un match de hockey? Rien n'est moins sûr. L’essentiel du débat a porté sur la légalité d’un retrait, fut-il temporaire, du droit de vote du perturbateur, dépositaire – au travers de son élection - d’une parcelle de souveraineté populaire. En outre, une telle mesure au niveau d’un conseil municipal pourrait se révéler difficile à mettre en œuvre dans les faits.

Finalement, la sanction la plus efficace serait peut-être d’ordre moral, incarnée par le rejet du perturbateur par l'ensemble de ses pairs. Mais pour ce faire, if faudrait sans doute commencer par l’éducation (la rééducation ?) des provocateurs…

19:09 Publié dans Genève, Humeur | Tags : conseil municipal, sanction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |