26/01/2014

Provocateurs et perturbateurs…

Mardi dernier, à l’occasion d’un débat sur une modification du règlement relative aux éventuelles sanctions à appliquer aux élus perturbateurs, les conseillers municipaux de la Ville de Genève ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : parler d’eux-mêmes. Plusieurs d’entre eux ont insisté sur le fait qu'il est dans la nature même d'une discussion démocratique d'exciter et de provoquer l'adversaire pour qu'il se laisse aller à un dérapage gestuel ou verbal, affaiblissant ainsi la portée de son argument. Rien de plus naturel, pensent-ils et, lorsque c'est réussi, c'est au minimum de bonne guerre, quand ce n’est pas franchement un excellent point pour le provocateur.

Ceci mérite réflexion. Le petit jeu de la provocation est-il vraiment propre à la nature d'une discussion démocratique? Ou s'agit-il plutôt d'une déviation machiavélique par laquelle tout est permis pour déstabiliser l'adversaire? Si l’on admet cette dernière vision, ne faudrait-il pas envisager une sanction des provocateurs aussi bien que celle des perturbateurs?

Peut-on vraiment punir un élu pour sa mauvaise conduite, et partant, toute l'équipe dont il porte les couleurs, comme on le fait dans un match de hockey? Rien n'est moins sûr. L’essentiel du débat a porté sur la légalité d’un retrait, fut-il temporaire, du droit de vote du perturbateur, dépositaire – au travers de son élection - d’une parcelle de souveraineté populaire. En outre, une telle mesure au niveau d’un conseil municipal pourrait se révéler difficile à mettre en œuvre dans les faits.

Finalement, la sanction la plus efficace serait peut-être d’ordre moral, incarnée par le rejet du perturbateur par l'ensemble de ses pairs. Mais pour ce faire, if faudrait sans doute commencer par l’éducation (la rééducation ?) des provocateurs…

19:09 Publié dans Genève, Humeur | Tags : conseil municipal, sanction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

05/12/2013

Quand on n'a pas de pétrole...

compétences,formation…on a des idées ! Les plus de 40 ans se souviendront sans doute de cette pub de l’Agence française pour les économies d’énergies dans les années 70.

Eh bien, en Suisse, on a des talents ! Selon le tout premier Global Talent Competitiveness Index (GTCI), produit par l’Insead, le Human Capital Leadership Institute et Adecco - qui mesure ce que 103 pays font pour créer et attirer des talents - la Suisse se classe largement en tête.

Si l’on peut légitimement être satisfait, plusieurs nuances importantes doivent être apportées. Tout d’abord, bien que classée première pour 80% des 48 critères, la Suisse n’est que 18e s’agissant de son pouvoir d’attraction de nouvelles compétences. Le rapport souligne également que des secteurs souffrent cruellement de l’absence de création de compétences internes au pays : ainsi, dans la santé, 40% des emplois sont occupés par des étrangers.

Enfin, il faut être conscient du fait que les pays riches disposent d’un avantage comparatif important en matière de « chasse aux compétences ». Plus généralement, l’indice GTCI montre que les pays qui ont historiquement accordé une attention particulière à la formation et qui sont des terres d’accueil pour les compétences étrangères, dominent le classement.

Sans conférer une valeur excessive à ces classements, on peut néanmoins en tirer deux enseignements utiles. Tout d’abord, la mobilité de la population est favorable à la Suisse. Ensuite, quoique fort bien classée, les efforts en matière de formation ne doivent pas faiblir. Sinon, plus dure sera la chute…

 

La photo est celle de Daniel Schüpbach, Contexa, qui a reçu le Prix 2013 de l'Innovation, pour son doseur volumétrique Colibri, qu'il tient dans la main. Photo (c) point-of-views.ch

11:18 Publié dans Economie | Tags : compétences, formation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

13/11/2013

Encore un petit effort...

fumer, vapotterLa Suisse progresse : encore un petit effort et nous serons en dictature. Après avoir exilé les fumeurs sur les trottoirs, voilà maintenant qu’un simple fac-similé de cigarette déchaine des oukases. Serait-ce que les cigarettes électroniques présentent un danger pour des tiers ? Pour le « vapotteur » ? Ben, en fait, on n’en sait rien… Donc l’interdiction de vapotter dans les transports publics n’est pas une mesure de santé publique ? Non, non c’est juste que la vision de l’objet pourrait énerver les gens…

C’est qu’on a affaire ici à la redoutable combinaison de la « bien-pensance » galopante (fumer est anathème et la liberté du non-fumeur prend le pas sur celle de tous les autres) et des procédures administratives (vapotter rend la traque aux fumeurs contrevenants difficile pour les employés chargés de faire appliquer les normes). Et, bien entendu, dès qu'un exercice devient compliqué, on cadre, on limite ou on interdit. C'est tellement plus simple!

Cette nouvelle est moins anecdotique qu’il n’y paraît : pour moi, elle est une manifestation de plus que le gouvernement régit la société selon des critères valables pour le plus grand nombre. Et peu importe si la « minorité » laissée de côté fait 10 ou 20% de la population. Soit on rentre dans le moule, soit on n’y rentre pas et alors, point de salut !

09:58 Publié dans Humeur | Tags : fumer, vapotter | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |