20/05/2015

Le Musée : institution démocratique par excellence

Le Conseil municipal de la Ville de Genève a amorcé hier un débat-fleuve sur l’extension du Musée d’art et d’histoire. Après la première soirée de prises de parole, on a tour à tour entendu des plaidoyers pour la concertation avec les associations de défense du patrimoine, des dissertations sur les coûts projetés de la construction, des opinions sur l’esthétique du futur bâtiment, des arguties juridiques sur la convention, des panégyriques pour certain architecte, alors que tel autre était voué aux gémonies et une théorie sur la « gouvernance » de projet. Mais de la raison d’être d’un musée, pas un souffle.

Et pourtant, le musée remplit, dans notre société kleenex,  une fonction tout à fait particulière. C’est le lieu où tout un chacun, sans distinction de race, de sexe, d’âge ou encore d’origine sociale, a accès à la culture. Cela veut dire que le musée permet de découvrir sa propre culture et celle d’autres civilisations, de mettre en perspective les données du présent de comprendre les enjeux, d’éclairer le futur.

Mais si le musée est un lieu de diffusion des savoirs, c’est aussi un lieu où l’on se fait plaisir. On peut y aller simplement pour contempler des œuvres d’art qui nous font du bien à l’âme, sans autre forme de réflexion. Cela aussi fait partie des missions d’un musée.

Peut-être le projet soumis au vote du Conseil municipal n’est-il pas parfait, quel projet l’est ? Mais il est seul à même d’assurer que cette institution démocratique par excellence qu’est le MAH puisse poursuivre, pour les décennies à venir, ses multiples missions. Celles-ci participent du bien commun pour lequel les élus doivent s’engager. 

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06/04/2015

Le MAH, le déluge et la rade

mah,radeLe MAH cache des trésors parmi lesquels des tablettes cunéiformes des anciennes civilisations de Mésopotamie. La source de l'information? Le livre d'un conservateur du British Museum, Irving Finkel, publié l'an dernier, sur la construction de l'Arche du Déluge recommandée par l'un des dieux assyriens souhaitant sauver un juste, plus d'un millénaire avant l'Arche de Noé.

On peut lire dans ce livre que "l'histoire essentielle de l'Arche du Déluge se trouve sur la Tablette III du scribe Ipiq-Aya ... Cette tablette est actuellement en deux morceaux. Le plus grand, connu comme C1, pourrait peut-être coller sur le C2, si seulement on était en mesure de les réunir sous le même toit - mais le premier est au British Museum et le second au Musée d'Art et d'Histoire à Genève. Un jour je vais essayer de les coller ensemble... "(p. 94).  Alors, pourquoi ne pas inviter Monsieur Finkel à recoller les deux morceaux à Genève?

Le risque, relativement limité, est de provoquer l'ire de la méchante majorité des dieux de la vieille Babylone, qui pourraient remettre l'ouvrage sur le métier. En effet, le déluge mésopotamien commence par la masse grouillante de l'humanité qui, à une époque aussi reculée que ses déités, faisait du bruit jusqu'à en priver du sommeil le dieu en chef. Les éclats de voix de nos nombreuses votations aidant, la construction d'une arche au large de la rade pourrait donc s'avérer amplement justifiée. Et en cas de naufrage dû à l’absence de marins expérimentés, n'avons-nous pas nos montagnes pleines de résidences secondaires pour nous réfugier?  

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22/02/2015

A chaque institution sociale, sa mission

Depuis leur origine, les allocations familiales font partie des institutions sociales établies dans le cadre de la protection sociale au sens large du terme. Elles ont été créées dans le but d'aider matériellement les familles à remplir leur fonction centrale dans la société, à savoir élever (si possible correctement) les enfants et garantir ainsi la pérennité de celle-ci. Cette mission devrait être préservée, voire même protégée, de l'interaction d'autres institutions sociales.

 

Le système fiscal est l'une de ces dernières. Son objectif est d'assurer une participation équitable des citoyens au financement du coût de fonctionnement des infrastructures publiques créées par la société. Dans la mesure où les prestations en espèces de la sécurité sociale constituent le revenu social d'une personne, la question se pose: ce revenu est-il taxable ou non? Selon les pays et les systèmes en vigueur, des réponses diverses sont données à cette question, toutes dictées par les préoccupations politiques et financières des gouvernants à un moment donné, et de savants calculs servent à démontrer qui sont les gagnants et les perdants de l'une ou de l'autre des solutions proposées.

 

Ce procédé a pourtant un grand défaut. Tous ces calculs d’apothicaire social sur les transferts de revenu entre différentes catégories de la population, par définition à court terme, sont incapables de prévoir le comportement des gens à moyen et long terme, car celui-ci dépend de nombreux facteurs, pas forcément économiques. Et comme on le sait depuis longtemps, pour qu’une institution sociale spécifique ait un sens, il faut qu'elle reste fidèle à son objectif de départ. Toute confusion dans la perception des buts de nos institutions ne peut que nuire à leur efficacité. Laissons donc les allocations familiales et les systèmes fiscaux remplir leurs missions respectives, sans chercher à créer la confusion dans l’esprit du citoyen. Pour cette raison, il est juste que les allocations familiales soient défiscalisées.

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