11/09/2015

L’intérêt du canton avant les clivages politiques

Dans une société où l’individu se définit d’abord par son travail, les nuages noirs qui s’amoncellent sur l’horizon économique suisse peuvent difficilement laisser indifférent. Une élection est, pour tout citoyen, le moment où il peut influer sur les destinées du pays en choisissant de voter pour les personnes qui, selon lui, sont le mieux à même de défendre son emploi et sa qualité de vie.

Le 18 octobre prochain auront lieu les élections au Conseil national et au Conseil des Etats. C’est donc le bon moment pour prendre la mesure des défis qui attendent notre pays et voter pour celles et ceux qui proposent les solutions les plus pertinentes.

La migration est bien entendu un enjeu crucial. Les débats suscités par le fameux vote du « 9 février » ont eu au moins un mérite, celui d’obliger à repenser le rôle des femmes et des seniors dans la vie active. Mais il est clair que, particulièrement dans le bassin lémanique, ces catégories de population ne peuvent remplacer la main d’œuvre étrangère.

Dans un autre registre, la fin de 2015 verra le début de discussions, au plan fédéral, portant sur les infrastructures, à commencer par le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Encore une fois, Genève et le bassin lémanique seront spécialement concernés. 

Enfin, la fiscalité des entreprises sera le dossier chaud des douze à dix-huit prochains mois. Pour la CCIG, il y a deux enjeux majeurs. Tout d’abord, le nouveau taux d’imposition, unique, doit être suffisamment bas pour que les entreprises à statut ne déguerpissent pas. Ce sont tout de même 50 000 emplois directs et indirects. Le canton enregistrera néanmoins un manque à gagner. Comment celui-ci sera-t-il compensé ? C’est le second enjeu et sa solution n’est pas encore trouvée.

Genevois et Confédérés aiment bien se gausser régulièrement des « Genfereien », ces idiosyncrasies dont Piogre a le secret. Mais la vérité est que l’histoire et la position géographique particulière de notre canton lui ont donné une structure économique distinctive. C’est pourquoi la députation genevoise qui sortira des urnes le 18 octobre prochain devra avant tout être capable de surmonter les clivages politiques pour se concentrer sur la défense des intérêts du canton.

 

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20/05/2015

Le Musée : institution démocratique par excellence

Le Conseil municipal de la Ville de Genève a amorcé hier un débat-fleuve sur l’extension du Musée d’art et d’histoire. Après la première soirée de prises de parole, on a tour à tour entendu des plaidoyers pour la concertation avec les associations de défense du patrimoine, des dissertations sur les coûts projetés de la construction, des opinions sur l’esthétique du futur bâtiment, des arguties juridiques sur la convention, des panégyriques pour certain architecte, alors que tel autre était voué aux gémonies et une théorie sur la « gouvernance » de projet. Mais de la raison d’être d’un musée, pas un souffle.

Et pourtant, le musée remplit, dans notre société kleenex,  une fonction tout à fait particulière. C’est le lieu où tout un chacun, sans distinction de race, de sexe, d’âge ou encore d’origine sociale, a accès à la culture. Cela veut dire que le musée permet de découvrir sa propre culture et celle d’autres civilisations, de mettre en perspective les données du présent de comprendre les enjeux, d’éclairer le futur.

Mais si le musée est un lieu de diffusion des savoirs, c’est aussi un lieu où l’on se fait plaisir. On peut y aller simplement pour contempler des œuvres d’art qui nous font du bien à l’âme, sans autre forme de réflexion. Cela aussi fait partie des missions d’un musée.

Peut-être le projet soumis au vote du Conseil municipal n’est-il pas parfait, quel projet l’est ? Mais il est seul à même d’assurer que cette institution démocratique par excellence qu’est le MAH puisse poursuivre, pour les décennies à venir, ses multiples missions. Celles-ci participent du bien commun pour lequel les élus doivent s’engager. 

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06/04/2015

Le MAH, le déluge et la rade

mah,radeLe MAH cache des trésors parmi lesquels des tablettes cunéiformes des anciennes civilisations de Mésopotamie. La source de l'information? Le livre d'un conservateur du British Museum, Irving Finkel, publié l'an dernier, sur la construction de l'Arche du Déluge recommandée par l'un des dieux assyriens souhaitant sauver un juste, plus d'un millénaire avant l'Arche de Noé.

On peut lire dans ce livre que "l'histoire essentielle de l'Arche du Déluge se trouve sur la Tablette III du scribe Ipiq-Aya ... Cette tablette est actuellement en deux morceaux. Le plus grand, connu comme C1, pourrait peut-être coller sur le C2, si seulement on était en mesure de les réunir sous le même toit - mais le premier est au British Museum et le second au Musée d'Art et d'Histoire à Genève. Un jour je vais essayer de les coller ensemble... "(p. 94).  Alors, pourquoi ne pas inviter Monsieur Finkel à recoller les deux morceaux à Genève?

Le risque, relativement limité, est de provoquer l'ire de la méchante majorité des dieux de la vieille Babylone, qui pourraient remettre l'ouvrage sur le métier. En effet, le déluge mésopotamien commence par la masse grouillante de l'humanité qui, à une époque aussi reculée que ses déités, faisait du bruit jusqu'à en priver du sommeil le dieu en chef. Les éclats de voix de nos nombreuses votations aidant, la construction d'une arche au large de la rade pourrait donc s'avérer amplement justifiée. Et en cas de naufrage dû à l’absence de marins expérimentés, n'avons-nous pas nos montagnes pleines de résidences secondaires pour nous réfugier?  

21:09 Publié dans Genève, Humeur | Tags : mah, rade | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |