26/01/2014

Provocateurs et perturbateurs…

Mardi dernier, à l’occasion d’un débat sur une modification du règlement relative aux éventuelles sanctions à appliquer aux élus perturbateurs, les conseillers municipaux de la Ville de Genève ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : parler d’eux-mêmes. Plusieurs d’entre eux ont insisté sur le fait qu'il est dans la nature même d'une discussion démocratique d'exciter et de provoquer l'adversaire pour qu'il se laisse aller à un dérapage gestuel ou verbal, affaiblissant ainsi la portée de son argument. Rien de plus naturel, pensent-ils et, lorsque c'est réussi, c'est au minimum de bonne guerre, quand ce n’est pas franchement un excellent point pour le provocateur.

Ceci mérite réflexion. Le petit jeu de la provocation est-il vraiment propre à la nature d'une discussion démocratique? Ou s'agit-il plutôt d'une déviation machiavélique par laquelle tout est permis pour déstabiliser l'adversaire? Si l’on admet cette dernière vision, ne faudrait-il pas envisager une sanction des provocateurs aussi bien que celle des perturbateurs?

Peut-on vraiment punir un élu pour sa mauvaise conduite, et partant, toute l'équipe dont il porte les couleurs, comme on le fait dans un match de hockey? Rien n'est moins sûr. L’essentiel du débat a porté sur la légalité d’un retrait, fut-il temporaire, du droit de vote du perturbateur, dépositaire – au travers de son élection - d’une parcelle de souveraineté populaire. En outre, une telle mesure au niveau d’un conseil municipal pourrait se révéler difficile à mettre en œuvre dans les faits.

Finalement, la sanction la plus efficace serait peut-être d’ordre moral, incarnée par le rejet du perturbateur par l'ensemble de ses pairs. Mais pour ce faire, if faudrait sans doute commencer par l’éducation (la rééducation ?) des provocateurs…

19:09 Publié dans Genève, Humeur | Tags : conseil municipal, sanction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

13/11/2013

Encore un petit effort...

fumer, vapotterLa Suisse progresse : encore un petit effort et nous serons en dictature. Après avoir exilé les fumeurs sur les trottoirs, voilà maintenant qu’un simple fac-similé de cigarette déchaine des oukases. Serait-ce que les cigarettes électroniques présentent un danger pour des tiers ? Pour le « vapotteur » ? Ben, en fait, on n’en sait rien… Donc l’interdiction de vapotter dans les transports publics n’est pas une mesure de santé publique ? Non, non c’est juste que la vision de l’objet pourrait énerver les gens…

C’est qu’on a affaire ici à la redoutable combinaison de la « bien-pensance » galopante (fumer est anathème et la liberté du non-fumeur prend le pas sur celle de tous les autres) et des procédures administratives (vapotter rend la traque aux fumeurs contrevenants difficile pour les employés chargés de faire appliquer les normes). Et, bien entendu, dès qu'un exercice devient compliqué, on cadre, on limite ou on interdit. C'est tellement plus simple!

Cette nouvelle est moins anecdotique qu’il n’y paraît : pour moi, elle est une manifestation de plus que le gouvernement régit la société selon des critères valables pour le plus grand nombre. Et peu importe si la « minorité » laissée de côté fait 10 ou 20% de la population. Soit on rentre dans le moule, soit on n’y rentre pas et alors, point de salut !

09:58 Publié dans Humeur | Tags : fumer, vapotter | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

15/09/2013

Il est urgent d’inventer l’avenir

Cette sempartenariat public-privé, traversée du lacaine a été publiée une étude sur les possibilités de réaliser la Traversée du Lac par un partenariat public-privé (PPP). Celle-ci démontre, entre autres choses, que des solutions innovantes existent qui nous permettent de répondre, notamment, à nos besoins en infrastructures même en période de resserrement budgétaire. Je ne peux pas m’empêcher de relever, au passage, que l’un des arguments invoqués par les opposants de principe à ce type de solution est qu’un tel ouvrage devant être normalement financé par la Confédération, il n’est pas utile de chercher des modes de financement alternatif. Comme si l’argent de la Confédération coulait d’une source qui nous est étrangère, alors que, in fine, finances cantonales ou finances fédérales, c’est toujours de l’argent du contribuable qu’on parle !

Des solutions nouvelles ne s’élaborent pas en un jour et elles demandent, en premier lieu, de surmonter paresse et peur du changement qui font que l’on reste trop volontiers sur les rails connus, fussent-ils insatisfaisants. Comme l’a souligné avec beaucoup de pertinence le président du Conseil d’Etat Charles Beer à l’occasion de l’anniversaire des 60 ans de présence en Suisse de Procter & Gamble, il est impératif d’imaginer l’avenir dès aujourd’hui, sans confondre, toutefois, mouvement et agitation.

Mais mouvement il doit y avoir. Genève est en retard en matière de logements et de mobilité, pour ne citer que ces deux aspects. Le visage de notre canton est appelé à se transformer. Et, pour une fois, ce ne sera pas dans les vieux chaudrons qu’on fera les meilleures soupes. Ce nouveau visage doit être inventé en tenant compte de nouveaux paramètres. Par exemple, comment doser logements et bureaux de telle sorte à éviter de créer des pendulaires forcés ? Comment densifier l’habitat tout en conservant des espaces de verdure, de jeux pour enfants ? Comment opérer une transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables sans que ce soit pénalisant pour l’industrie ?

Il existe des réponses satisfaisantes à toutes ces questions et on peut en distinguer ici et là les prémices. Mais il s’agit maintenant de donner un sérieux coup de collier pour que les ébauches se transforment en projets concrets et réalisables à court et moyen terme.

19:34 Publié dans Genève, Humeur | Tags : partenariat public-privé, traversée du lac | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |