15/08/2013

Une bonne prévention est une prévention pragmatique

iStock drogue.jpgLa Tribune de Genève du week-end annonçait une bonne nouvelle : Genève pourrait bientôt (enfin !) autoriser le drug testing. C’est une bonne nouvelle parce que cette pratique, qui permet aux consommateurs de stupéfiants de les faire tester, représente indéniablement un avantage en termes de santé publique. Les professionnels de la prévention sont unanimes : il y a actuellement une surmortalité liée aux produits introduits, à l’insu des consommateurs, dans les doses vendues. Même si ces produits « étrangers » sont parfois insignifiants, s’ils sont pris isolément (farine ou plâtre, p. ex.), mélangés aux autres substances, ils peuvent devenir très dangereux.

En 2009, le Conseil municipal avait débattu de drug testing, à la faveur d’une motion. Deux attitudes s’affrontaient alors : d’une part, le respect littéral de la loi – on ne peut pas proposer de faire tester la drogue puisque tant sa consommation que sa vente sont illégales - et, d’autre part, le pragmatisme lié à une situation donnée. Au nom du groupe démocrate-chrétien, j’avais défendu la vision selon laquelle l’interdiction pure et simple, en matière de santé publique comme dans d’autres domaines, ne sert finalement qu’à une seule chose: faire plaisir à celui qui la formule.

Il est incroyablement naïf d’imaginer que la possibilité de tester son produit constitue une incitation à la consommation. A contrario, l’exemple de Zurich montre que la polyconsommation a diminué et que ces tests sont autant d’occasion de sensibiliser les consommateurs aux risques encourus. L’efficacité du travail mené par Première ligne n’en sera qu’augmentée.

Et même si une action de ce type ne permet de sauver qu’une seule vie, elle a déjà atteint son objectif!

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25/07/2013

Entre nature et lois, quelle place laisse-t-on à l’humain ?

Les tribulations de la (future ?) plage des Eaux-Vives ont de quoi laisser songeur. D’un côté, on nous explique que la décision du Tribunal, fondée uniquement sur le droit (encore heureux, direz-vous), visait spécifiquemplage, Eaux-Vives, natureent le non-respect par l’Etat des procédures de planification de zone et l’absence de demande de modification de zone au Grand Conseil. D’un autre côté, le WWF a dit ce matin à la radio qu’il serait opposé à toute forme de remblais dans le lac. Son annonce de lundi dernier parue dans la Tribune de Genève précise « que la biodiversité est plus forte dans la zone littorale du lac (…). Il reste très peu de milieux naturels aquatiques (…) à Genève et nous sommes bien incapables de trouver les surfaces pour recréer des écosystèmes de ce type ».

Et pourtant, cette plage répond à un réel besoin de la population, de même que l’ensemble de l’aménagement qu’elle prévoit, c’est-à-dire déplacement des activités portuaires et extension du port. Besoin si réel, qu’il a fait l’unanimité de la classe politique. De longues heures vont donc prochainement être dépensées par de nombreux fonctionnaires pour tenter de concilier milieux naturels aquatiques et bipèdes.

Cela est bel et bon lorsque la collectivité a du temps et de l’argent à gaspiller. Or, Genève n’a plus ni l’un ni l’autre : d’atermoiements en recours, nous sommes désormais en retard tant en matière d’infrastructures que de logements et, de surcroît, nous détenons la palme de canton le plus endetté de Suisse.

Un jour prochain, il faudra donc se résoudre à faire des choix. J’espère que ce sont les besoins des humains – qui vivent à Genève ici et maintenant - qui prendront le pas sur ceux des écosystèmes aquatiques.

10:27 Publié dans Genève | Tags : plage, eaux-vives, nature | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

06/07/2013

Quand on veut, on peut

Cornavin, transfert modal, cadences, RER, grands projetsL’unanimité qui a présidé au choix de la variante d’extension de la gare de Cornavin ne peut que réjouir, surtout après l’effarante claque assénée au projet de plage des Eaux-Vives. Espérons que ce cas servira pour longtemps d’exemple en matière de gestion de projets, grands et moins grands. On voit en effet que ce résultat procède d’une série d’éléments qui forment une « bonne pratique » :

 

  • front uni des parlementaires fédéraux genevois et des autorités cantonales pour soutenir à Berne le dossier de l’extension de Cornavin,
  • écoute et prise en compte des propositions étayées (toujours plus efficaces que de simples revendications) d’une association d’habitants,
  • collaboration de la Ville de Genève et du canton pour mandater une étude indépendante,
  • étude globale d’une solution (j’ai noté avec intérêt que l’étude n’était pas du type « ou bien ou bien » mais plus holistique puisque 16 variantes souterraines ont été examinées)
  • choix final d’une variante qui offre des possibilités supplémentaires à plus long terme (dommage qu’on n’ait pas appliqué ce type de raisonnement à la construction de l’autoroute de contournement, déjà saturée 20 ans après son achèvement).

Ne se pose « plus que » la question du coût. Et encore. D’une part, parce que prise dans sa totalité, la variante de surface revient au même prix, la construction de voies passant l’une sous l’autre (les fameux sauts-de-mouton) étant prévue à terme. D’autre part, parce que je ne peux pas imaginer un instant qu’on ne trouverait pas les moyens de financer une infrastructure indispensable non seulement au canton mais au reste de la Suisse. Surtout lorsqu’on se donne pour objectif de favoriser le transfert modal : des RER au quart d’heure sont absolument nécessaires.

Certes, 400 millions ne se trouvent pas dans les pas d’une puce, mais la Ville a bien réussi à proposer de payer quelque 11 millions pour refaire l’allée périphérique de la plaine de Plainpalais. Gageons qu’elle saura se mobiliser pour un équipement autrement plus essentiel…

10:34 Publié dans Genève | Tags : cornavin, transfert modal, cadences, rer, grands projets, plainpalais | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |