06/04/2015

Le MAH, le déluge et la rade

mah,radeLe MAH cache des trésors parmi lesquels des tablettes cunéiformes des anciennes civilisations de Mésopotamie. La source de l'information? Le livre d'un conservateur du British Museum, Irving Finkel, publié l'an dernier, sur la construction de l'Arche du Déluge recommandée par l'un des dieux assyriens souhaitant sauver un juste, plus d'un millénaire avant l'Arche de Noé.

On peut lire dans ce livre que "l'histoire essentielle de l'Arche du Déluge se trouve sur la Tablette III du scribe Ipiq-Aya ... Cette tablette est actuellement en deux morceaux. Le plus grand, connu comme C1, pourrait peut-être coller sur le C2, si seulement on était en mesure de les réunir sous le même toit - mais le premier est au British Museum et le second au Musée d'Art et d'Histoire à Genève. Un jour je vais essayer de les coller ensemble... "(p. 94).  Alors, pourquoi ne pas inviter Monsieur Finkel à recoller les deux morceaux à Genève?

Le risque, relativement limité, est de provoquer l'ire de la méchante majorité des dieux de la vieille Babylone, qui pourraient remettre l'ouvrage sur le métier. En effet, le déluge mésopotamien commence par la masse grouillante de l'humanité qui, à une époque aussi reculée que ses déités, faisait du bruit jusqu'à en priver du sommeil le dieu en chef. Les éclats de voix de nos nombreuses votations aidant, la construction d'une arche au large de la rade pourrait donc s'avérer amplement justifiée. Et en cas de naufrage dû à l’absence de marins expérimentés, n'avons-nous pas nos montagnes pleines de résidences secondaires pour nous réfugier?  

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26/01/2014

Provocateurs et perturbateurs…

Mardi dernier, à l’occasion d’un débat sur une modification du règlement relative aux éventuelles sanctions à appliquer aux élus perturbateurs, les conseillers municipaux de la Ville de Genève ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : parler d’eux-mêmes. Plusieurs d’entre eux ont insisté sur le fait qu'il est dans la nature même d'une discussion démocratique d'exciter et de provoquer l'adversaire pour qu'il se laisse aller à un dérapage gestuel ou verbal, affaiblissant ainsi la portée de son argument. Rien de plus naturel, pensent-ils et, lorsque c'est réussi, c'est au minimum de bonne guerre, quand ce n’est pas franchement un excellent point pour le provocateur.

Ceci mérite réflexion. Le petit jeu de la provocation est-il vraiment propre à la nature d'une discussion démocratique? Ou s'agit-il plutôt d'une déviation machiavélique par laquelle tout est permis pour déstabiliser l'adversaire? Si l’on admet cette dernière vision, ne faudrait-il pas envisager une sanction des provocateurs aussi bien que celle des perturbateurs?

Peut-on vraiment punir un élu pour sa mauvaise conduite, et partant, toute l'équipe dont il porte les couleurs, comme on le fait dans un match de hockey? Rien n'est moins sûr. L’essentiel du débat a porté sur la légalité d’un retrait, fut-il temporaire, du droit de vote du perturbateur, dépositaire – au travers de son élection - d’une parcelle de souveraineté populaire. En outre, une telle mesure au niveau d’un conseil municipal pourrait se révéler difficile à mettre en œuvre dans les faits.

Finalement, la sanction la plus efficace serait peut-être d’ordre moral, incarnée par le rejet du perturbateur par l'ensemble de ses pairs. Mais pour ce faire, if faudrait sans doute commencer par l’éducation (la rééducation ?) des provocateurs…

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27/09/2013

Construire plus et mieux : comment relever le défi ?

Telle était laTom Chance, BedZED question posée par Maurice Gardiol, constituant et président du PS de Plan-les-Ouates, aux panélistes de tous partis qu’il avait invités mercredi soir dernier. Pour ma part, j’ai évoqué trois grandes pistes.

Tout d’abord, il serait souhaitable de réviser certaines pratiques ou concepts, souvent au moyen de l’application du simple bon sens. C’est en premier lieu le cas de la notion de densité au sol, mais c’est un sujet sur lequel je ne m’étendrai pas, l’ayant déjà abordé. On peut aussi penser à l’Office du logement social, dont la rigidité tant architecturale que financière crée des carcans empêchant une diversité et une économie de la construction « vivante ». Autrement dit, des logements bon marché ne sont pas condamnés à être moches et petits.

De nouveaux processus doivent également être mis en œuvre. La révision du nombre et de la nature des étapes conduisant à l’élaboration d’un PLQ - déjà entamée – est indispensable. Mais d’autres mesures peuvent également être prises. Ainsi, le transfert de droits à bâtir, qui se pratique couramment entre deux parcelles, pourrait être appliqué à des zones plus larges. Au sein d’un périmètre donné, la répartition des espaces pourrait ainsi être effectuée plus intelligemment et éviterait de mettre en concurrence, par exemple, construction de logements et préservation de zones de verdure.

Enfin, Genève ne recourt pas assez à certains types d’habitats qui ont fait leurs preuves ailleurs, cet ailleurs n’étant souvent pas beaucoup plus loin que la Sarine : les coopératives. Celles-ci comptent actuellement pour 5% des logements dans toute la Suisse. Or, des études ont montré que le loyer d’un logement en coopérative s’établit environ 20% en dessous d’un loyer usuel. A Zurich, où elles constituent près de 20% du parc de logements, une nette pression à la baisse s’est exercée.

Ce ne sont que quelques pistes, pour la plupart pas compliquées à mettre en œuvre. En matière de construction le premier défi – et le plus long à surmonter – est probablement la peur du changement. Le visage de Genève va changer, que cette mutation soit accompagnée intelligemment ou non. J’ai, quant à moi, la conviction qu’il est possible de créer les logements nécessaires ET d’augmenter le bien-être des Genevois-es.

Photo: quartier BedZED (Beddington Zero Energy Development) au sud de Londres.Le projet couvre 1,7 hectare. Il comprend 100 logements, 2 500 m2 de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant. Source photo: Tom Chance.

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