05/12/2013

Quand on n'a pas de pétrole...

compétences,formation…on a des idées ! Les plus de 40 ans se souviendront sans doute de cette pub de l’Agence française pour les économies d’énergies dans les années 70.

Eh bien, en Suisse, on a des talents ! Selon le tout premier Global Talent Competitiveness Index (GTCI), produit par l’Insead, le Human Capital Leadership Institute et Adecco - qui mesure ce que 103 pays font pour créer et attirer des talents - la Suisse se classe largement en tête.

Si l’on peut légitimement être satisfait, plusieurs nuances importantes doivent être apportées. Tout d’abord, bien que classée première pour 80% des 48 critères, la Suisse n’est que 18e s’agissant de son pouvoir d’attraction de nouvelles compétences. Le rapport souligne également que des secteurs souffrent cruellement de l’absence de création de compétences internes au pays : ainsi, dans la santé, 40% des emplois sont occupés par des étrangers.

Enfin, il faut être conscient du fait que les pays riches disposent d’un avantage comparatif important en matière de « chasse aux compétences ». Plus généralement, l’indice GTCI montre que les pays qui ont historiquement accordé une attention particulière à la formation et qui sont des terres d’accueil pour les compétences étrangères, dominent le classement.

Sans conférer une valeur excessive à ces classements, on peut néanmoins en tirer deux enseignements utiles. Tout d’abord, la mobilité de la population est favorable à la Suisse. Ensuite, quoique fort bien classée, les efforts en matière de formation ne doivent pas faiblir. Sinon, plus dure sera la chute…

 

La photo est celle de Daniel Schüpbach, Contexa, qui a reçu le Prix 2013 de l'Innovation, pour son doseur volumétrique Colibri, qu'il tient dans la main. Photo (c) point-of-views.ch

11:18 Publié dans Economie | Tags : compétences, formation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

04/06/2013

Faut-il dire «bravo !» ou juste «ouf !» ?

Le service de la promotion économique (SPEG) a présenté aujourd’hui ses résultats 2012. Sans surprise, le nombre de sociétés locales conseillées et suivies a augmenté. Crise économique européenne, franc fort, incertitudes juridiques et fiscales y compris en Suisse sont autant de turbulences qui ballottent les entreprises. Comme le Conseiller d’Etat Pierre-François Unger l’a fait remarquer, si Genève ne s’en sort pas mal, c’est grâce à la diversification de son tissu économique (tous les secteurs économiques ne vont pas mal en même temps). Et de souligner que, depuis 2007, date du début de la crise, de nouveaux emplois ont été créés chaque année, même si dans une proportion faible : +1,4% en 2012.

On peut être heureux de cette situation. Mais faut-il s’en satisfaire ?

En 2012, seules 23 entreprises étrangères se sont implantées dans le canton. Le franc fort en est l’une des principales causes. Mais quand on voit que seul 8,8% du budget de la promotion est affecté à la promotion exogène (c’est-à-dire à convaincre des entreprises étrangères de s’implanter chez nous), il est permis de se demander si on ne s’est pas tiré dans le pied…

Ce coup de frein date de l’époque où des voix ont commencé à s’élever contre une soi-disant crise de croissance, censée être illustrée par les bouchons et la raréfaction des logements. Mais en réalité, il y a bien assez de facteurs qui se chargent de donner ce coup de frein : niveau des salaires, taux de change…

Il ne faut avoir ni honte ni peur de faire une vraie promotion à l’étranger, car la diversification du tissu économique est un ouvrage cent fois remis sur le métier et composé d’innombrables fils. Nous ne pourrons faire croître et embellir activités actuelles et secteurs prometteurs tels que les cleantech en comptant sur la seule créativité locale, même pétillante. Une promotion exogène bien comprise – en priorité sur les domaines où des synergies avec des entreprises existantes sont possibles – doit faire partie de la trousse à outils économiques de ce canton.

16:21 Publié dans Economie, Genève | Tags : promotion économique, speg, exogène, franc suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

27/05/2013

L'électricité n'est pas assez chère

Le débat sur l’énergie tourne quasiment exclusivement autour de la question de l’arrêt des centrales nucléaires et des énergies renouvelables de remplacement. Mais personne ne raisonne en termes économiques.

Si l’on regarde seulement Genève, la consommation de chaleur par habitant a diminué ces dernières années alors que le nombre d’habitants a augmenté. C’est encourageant mais très largement insuffisant. Dans le même temps, l’accroissement moyen de la consommation d’électricité genevoise est passé de +6% entre 2005 et 2008 à -0,1% entre 2008 à 2011, contre +2,2% au niveau suisse entre 2005 et 2011. Le programme éco21 des SIG est indéniablement efficace mais on est très loin du but…

Quand on voit que les ménages suisses dépensent en moyenne mensuelle 231 francs pour leurs vêtements et chaussures et 68 francs pour l’électricité (chiffres OFS 2006-2008), on se dit qu’il faudrait peut-être commencer par là. Tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur dit l’adage. Or, c’est exactement ce qui se passe, pour les particuliers, avec les dépenses d’électricité : c’est un poste presque invisible dans les dépenses des ménages. Dès lors, il devient très compliqué de faire comprendre qu’économiser l’énergie est impératif. Renchérir le prix de l’électricité pour les ménages : ce n’est politiquement pas correct (surtout en année électorale) mais ne serait-ce pas un (électro)choc salutaire ?

11:36 Publié dans Economie | Tags : électricité, énergie, sig, consommation, éco21, ménages | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |