20/04/2017

Moi président

illustr.pngSous ce titre, France-Info diffuse, depuis quelques semaines déjà, en marge des élections présidentielles française, une brève interview où une personnalité, plus ou moins connue, est invitée à présenter ses idées sur ce qu'il faudrait faire en France. J'attends avec impatience le jour où un citoyen plus lucide que les autres oserait dire : « Au diable le régime présidentiel ! Moi président, je me consacrerais à la tâche principale d'un président d'une démocratie occidentale : c’est-à-dire tout faire pour assurer le fonctionnement normal des institutions politiques du pays. » Point. Et ce serait déjà beaucoup.

Dans le cahier des charges de ce nouveau type de président, il serait bon d’inclure la protection du citoyen contre le matraquage par des slogans publicitaires et des promesses électorales d’une vacuité sidérale tout en incitant les partis à réfléchir à plus long terme. Une fois terminé le processus d’assainissement de la vie politique, il conviendrait d’écouter avec attention ce que les partis ont à proposer pour, finalement, tâcher d’élever le niveau du débat politique afin d'aboutir aux compromis salutaires pour l'ensemble du pays.

En effet, la fonction principale d'un président consiste à présider et non à ajouter aux institutions politiques existantes une autre qui, par définition, ne peut pas cadrer avec un système démocratique. Edwy Plenel, invité il y a peu sur RTS La première, ne disait, au fond, pas autre chose.

Ou alors, s'il faut un leader à tout prix, il y a lieu de faire une révolution française à l'envers pour ramener le roi (ce qui ne manquerait pas de susciter d’intéressants débats entre orléanistes, bourbonistes et bonapartistes qui, tous, possèdent un prétendant au trône. Mais, cela, c’est une autre histoire…)

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06/04/2017

Ne laissons pas notre liberté nous filer entre les doigts



aéroport 3.jpgLe succès de l’aéroport inquiète. « Cointrin : l’envers de la médaille » titrait hier l’édito de la Tribune de Genève. On s’attendait à lire les craintes des riverains mais on découvre en fait qu’un parallèle est dressé entre la facilité qu’il y a à faire un saut à Barcelone et la désertion des magasins de sport d’hiver.

Le constat n’est sans doute pas dénué de pertinence mais est-ce la bonne conclusion qui est tirée ? Faut-il donc, pour préserver les commerces locaux, empêcher les gens de se déplacer où et comme bon leur semble ? L’Etat a déjà décidé de nous faire manger moins salé, moins gras, moins si, plus ça ; il va bientôt décréter que nous devrons limiter nos horizons à notre arrière-cour. Quelle société exaltante cela nous promet ! C’est peut-être crétin de voler jusqu’à Barcelone pour n’y passer que quelques heures mais si c’est mon choix, cela ne regarde personne et l’Etat moins que quiconque ! On peut rationaliser tant qu’on veut, mais le moment est proche où il faudra se remémorer les vrais choix auxquels nous sommes confrontés : voulons-nous une société où l’individu est libre de ses choix, oui ou non ?

Plus terre à terre, mais tout aussi inquiétante, l’équation proposée « moins de vols – plus de monde dans nos commerces » est illustrative d’une tendance fort répandue en ces temps d’incertitude économique qu’on peut résumer par « pour aller mieux, empêchons l’autre d’aller bien ». Lors de la votation du 9 février dernier sur RIE3, j’avais déjà relevé que les opposants à la réforme, quel que soit leur bord, ne parlaient que des pertes. Pourquoi se remonter les bretelles pour créer de nouvelles richesses ne figurait-il pas dans les discours? Des défis extra-ordinaires, au sens propre, nous attendent : robotisation, blockchain, intelligence artificielle et deep learning… Dire qu’il faut réfléchir de manière positive sur comment créer des richesses – partagées par tous – plutôt que se demander comment on peut couper les têtes qui dépassent ne relève pas de la méthode Coué, mais d’une nécessité absolue.

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