01/03/2016

Apprivoiser le futur

Non seulement, depuis 20 ans, les capacités des technologies de l’information doublent chaque année, mais, économie,innovation,plus important, une étape majeure a été franchie en 2014 avec le « deep learning ». Des réseaux de neurones synthétiques arrivent désormais, en 0.1 seconde, à remplir des fonctions de base de l’homme, fonctions que nous considérons ordinairement être de l’ordre du réflexe.

Tel est l’un des éléments qui caractérisent ce qu’on nomme volontiers la quatrième révolution industrielle. Mais peu importe le numéro qu’on lui attribue, il est manifeste que nos modes de production sont en train de se transformer profondément. Le Prix 2015 de l’innovation, décerné par la CCIG, le département de la sécurité et de l’économie et l'OPI, en a du reste donné un petit aperçu : l’entreprise lauréate, Qualimatest, a été récompensée pour avoir mis au point un procédé électronique de contrôle de qualité capable d’évaluer des détails « esthétiques » comme le ferait un œil humain. Les exemples pourraient être multipliés.

En choisissant comme objectifs prioritaires de la stratégie économique cantonale les technologies innovantes telles que fintech et sciences de la vie (à côté de la promotion des activités industrielles et du négoce de matières premières), le département de la sécurité et de l’économie a correctement senti le vent. En particulier, l’annonce, fin janvier, de l’ouverture d’un nouvel incubateur dédié à la biotech et à la medtech est une excellente nouvelle. En effet, les clusters thématiques ont fait leur preuve mais nous ne devons pas oublier que l’innovation n’est jamais donnée une fois pour toutes ; elle se cultive soigneusement, jour après jour.

L’innovation est le résultat d’une subtile alliance entre entreprises, R&D, acteurs politiques et financiers. La Suisse romande, et Genève en particulier, est bien positionnée à cet égard : 570 multinationales actuellement installées dans le seul canton de Genève, un choix de plus de 200 formations offertes dans les universités et hautes écoles de Suisse occidentale, 6% du PIB – en moyenne nationale – consacrés à la recherche.

D’aucuns se félicitent de ce que les nouvelles technologies vont faire disparaître les travaux pénibles et les postes non qualifiés. Il est cependant dangereux d’en conclure que les emplois de demain seront, ipso facto, hautement qualifiés. C’est ici que prennent tout leur sens les efforts visant à mettre sur pied de nouvelles formations, tant initiales que continues.

Le futur est sans doute brillant, mais il faut d’abord l’apprivoiser afin de s’assurer qu’il profitera à tout le monde.

 

Ce texte est l'édito du CCIGinfo 2_2016

10:40 Publié dans Economie | Tags : économie, innovation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je partage votre enthousiasme. A une condition : des règles équitables pour tous les acteurs. Or j'observe que le département de la sécurité et de l'économie ferme les yeux sur certains sujets qui fâchent comme la concurrence déloyale de Uber et autres plateformes technologiques qui violent systématiquement et impunément les lois en vigueur pour permettre d'engranger plus de profit, plus rapidement et sans offrir de valeur ajoutée.
Au final, tout le monde est perdant sauf une petite minorité qui continue à creuser l'écart entre les nantis qui représentent un petit pourcent de la population mondiale et tout le reste qui travaille comme des robots pour les engraisser, sans espoir de les rassasier. C'est préoccupant.

Écrit par : Pierre Jenni | 01/03/2016

Les commentaires sont fermés.