22/08/2013

Voulons-nous vraiment boire la tasse?

 

piscine.jpgIl faut, dit-on, avoir atteint le fond pour donner un coup de pied et remonter vers la surface. Est-ce le but que poursuivent certains? Regardons juste ce qui s’est passé cet été : juin, aboutissement du référendum contre la densification des zones de développement (voir ma note), août, lancement d’un référendum à Versoix contre la réalisation d’un immeuble de 10 étages.

Et partout, la même argumentation, puissante et visionnaire : « oui, mais pas comme ça ! ». En réalité, ces oppositions recouvrent, pour la plupart, une remise en question du modèle économique genevois même si l’expression « croissance 0 » a disparu du vocabulaire.

La croissance économique n’est pas une fin en soi. Elle n’est que le moyen de conserver le confortable niveau de vie auxquels les Genevois sont habitués. La seule question est : comment pérenniser notre niveau de développement économique et social ?

Notre tissu économique résiste mieux aux crises que d’autres parce qu’il est constitué de plusieurs secteurs d’importance à peu près égale, dont certains sont historiques et d’autres, nouveaux, liés au développement de start-ups qui trouvent ici cerveaux et financement. L’existence même de ce tissu dépend d’une population active particulièrement qualifiée, notamment grâce à l’apport de travailleurs étrangers, et d’un secteur international (organisations internationales et entreprises multinationales) fort. Affaiblir l’un de ces piliers déstabilise l’ensemble de l’édifice.

Empêcher la construction de logements revient à dire qu’on ne souhaite pas loger davantage de travailleurs. Or, si on fait fuir les travailleurs, on fait fuir les entreprises. Et il ne restera plus personne pour contribuer à l’AVS, à l’hôpital et à tous ces services publics auxquels nous estimons (à juste titre) avoir droit.

Quand on aura coupé les jambes à l’économie locale et touché le fond, comment fera-t-on pour remonter à la surface ?


12:38 Publié dans Genève | Tags : aménagement, logements, croissance, économie, développement | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

Commentaires

@Madame Rys pour contribuer à l'AVS il y a toujours de nombreux retraités bien décidés à fumer deux fois plus plus malgré l'augmentation du paquet de cigarettes décrétée par les génocidaires du biototalitarisme .Génocidaires oui car le régime Stalinien a ses limites et nul en Suisse n'a le droit d'abuser de la crédulité des citoyens majeurs et vaccinés de longue souche qui eux ne polluent pas le cerveau de leurs semblables par des ordres sortis droits du sentier des Illuminatis
Tous retraités et encore solidaires des plus jeunes,on ne peut en dire autant de ceux qui partis en vacances ayant joué aux cigales reviennent pour piouner les porte-monnaies des ainés pour récolter de l'argent pour des causes défendues depuis des décennies et qui ne prennent jamais fin mais qui ont l'art de se rallumer sitot les vacances terminées comme les soi-disant crises qui disparaissent dès les vacances scolaires en vue
Ils n'ont peut-être plus très bonne vue les retraités mais eux ne sont pas Alzheimer loin s'en faut
bien à vous Madame et bonne fin de journée

Écrit par : lovsmeralda | 22/08/2013

Madame,

Ils trouvent toujours des terrains à bâtir des immeubles de bureaux, souvent inoccupés, mais jamais pour des bâtiments locatifs.

C'est bien pourquoi, depuis des décennies, des suisses, en particulier des genevois, s'expatrient et vivent en France.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/08/2013

Comment dire, votre raisonnement présente tellement de faiblesses qu'on ne sait par où commencer...
Je vais malgré tout tenter de le faire. Vous dénoncez des concitoyens qui contrairement à vous ne semble pas partager l'idée que d'augmenter constamment la population permette de conserver ce "confortable niveau de vie des genevois" comme vous dites. J'en fais partie. Visiblement vous semblez penser que de vivre entassés les uns sur les autres et sclérosés par des problèmes de mobilité et bien sûr avec tous les problèmes liés aux grands centres urbains tels qu'ils sont connus dans le monde entier soit une vision d'avenir. Excusez que certains ne le partage pas. En l'occurrence vous ne connaissez visiblement rien de la situation de Versoix, qui s'est urbanisée 40% plus vite que la moyenne du canton ces dernières années et davantage même que la ville de Genève. Que la densité proposée pour ce PLQ dépasse la densité de certains quartiers en ville de Genève et qu'il rajoutera donc plusieurs centaines de voitures en plein centre-ville de Versoix alors que notre ville est déjà sclérosée par le trafic des frontaliers et vaudois se rendant à Genève.

Non contente visiblement d'afficher votre ignorance d'un projet qui ne vous touche pas directement, vous semblez ne pas comprendre un problème simple et pourtant capital de la logique que vous partagez malheureusement avec beaucoup de politiciens et économistes, je parle bien sûr de la croissance. Vous dites qu'il ne s'agit pas d'une fin en soi mais ensuite vous dites qu'elle est nécessaire pour maintenir le niveau de vie des genevois. Il y a là déjà une certaine contradiction. Mais le plus grave n'est pas là. Ceux qui comme vous défende cette croissance comme nécessaire montre qu'ils n'ont pas compris qu'on ne peut croître constamment dans un monde aux ressources finies. Cela est particulièrement saillant à Genève puisque le terrain se fait rare et qu'on commence à sacrifier nos meilleures terres agricoles pour construire et soutenir la croissance. Or le premier besoin est celui de se nourrir, car le béton se mâche mal. Il vous reste la possibilité de répondre qu'il suffit d'importer la nourriture. Mais dans ce cas vous montrez que vous ne saisissez pas les enjeux écologiques majeurs auxquels nous faisons face.
Cette question de la croissance est cruciale, car vous vous dispensez de réfléchir à des alternatives possibles visant à stabiliser la situation et cherchant à réduire l'impact négatif que nous avons sur notre environnement.
Votre théorie sur le tissu économique plus résistant qu'ailleurs parce que plus varié montre aussi que votre compréhension limitée du fonctionnement de l'économie. Il s'agit évidemment d'un raccourci extrêmement réducteur. Premièrement, les multinationales que nous avons attiré en masse par la fiscalité sont traditionnellement moins touchées par les crises et n'ont pas de réelles incitation à licencier dans leur siège à moins qu'il ne devienne vraiment surdimensionné. En revanche on l'a vu avec Serono, même une entreprise multinationale qui fait du bénéfice peut partir et lorsqu'elle le fait, cela représente un réel problème pour le canton, car il s'agit de personne tellement qualifiée que dans le cas de Serono il a été très difficile de retrouver des emplois pour ces gens. Il me semble donc important de ne plus les favoriser pour éviter de se retrouver plus encore en déséquilibre.
Deuxième point qui semble vous échapper, en concentrant nos efforts sur des jobs très qualifié on pousse les entreprises à faire venir beaucoup de personnel, c'est ce qui se passe principalement avec les multinationales. Ce qui implique effectivement une croissance démographique plus importante et donc plus de logements à construire, mais aussi toutes les infrastructures qui vont avec. En dehors de ça on ne s'occupe pas des chômeurs résidents à qui il faudrait fournir formation et incitation à travailler. Un nombre de plus en plus important de ces chômeurs sont d'ailleurs transférés à l'aide sociale. Or cette politique de croissance renchérit le prix des logements que l'Etat doit ensuite louer pour le social, il nous coûte donc cher, même si je vous accorde qu'aucune statistique claire ne vient faire le différentiel entre ce que rapporte ces nouveaux employés qualifiés et les coûts supplémentaire que cette politique engendre au niveau local.
Enfin, vous faites également des raccourcis simplificateurs dans le domaine du logement en prétendant que les gens qui s'opposent à une densification excessive sont contre toute construction de logement (ce qui est faux), et encore plus fort que si on est contre la construction de logement cela revient à dire qu'on veut faire fuir les travailleurs... Il va falloir travailler votre logique totalement déficiente. Même si on ne construisait plus rien, quelle raison auraient les travailleurs actuels de partir? Leur loyer ne peut pas vraiment augmenter, ils ont un travail alors que la situation se dégrade dans le monde entier. Ils travaillent dans un pays sûr et où il est encore agréable de vivre. Bref, au delà de la logique déficiente, il n'y a pas d'arguments valides.

Il est peut-être temps de vous intéresser à des projets de société alternatifs qui prennent en compte les problèmes écologiques majeurs que causent une société de croissance infinie dans un monde aux ressources finies. N'ayant probablement pas les qualifications, que vous semblez tant aimez, pour vous conseiller sur le sujet, peut-être pourriez-vous lire l'excellent rapport de Tim Jackson, Prospérité sans croissance, qui ouvre quelques pistes mais surtout qui démonte les principaux mythes économiques répétés à tout va par la majorité des politiciens et économistes sans même y réfléchir par eux-même. Et j'espère que vous pardonnerez le ton incisif et parfois peu amène de mes propos, motivé par mon ras-le-bol d'entendre toujours les mêmes erreurs et le même manque de vision justement de ceux qui se contentent de défendre l'ordre établi.

Écrit par : Jérémy Jaussi | 23/08/2013

Madame votre vision de l'économie est ponctuée de raccourcis et je vous inflige un zéro pointé...

Écrit par : Hermann Rothen | 23/08/2013

Madame,

Le vivre-ensemble n'est pas un jeu. La densification excessive a des conséquences sociales néfastes. Il ne faut pas prendre uniquement en compte les enjeux de la croissance économique immédiate mais avoir une vision à long terme. Si vous encouragez la densification et vous vous retrouvez avec une population qui vit en grande partie grâce à l'assistance sociale il ne faut pas être un grand économiste pour en déduire que c'est un échec sur tous les plans. Il suffit de se pencher sur des expériences passées qui ont mal tourné pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Je vous conseille de regarder ce reportage de Temps Présent sur le quartier de la Pelotière à Versoix

:http://www.rts.ch/emissions/temps-present/1298907-la-cite-maudite.html

Écrit par : Alimuddin Usmani | 23/08/2013

Bonjour,

Partisan indécrottable de l'anti-densification, je me dois de vous une poignée de mots et quelques considérations logiques qui, j'espère, permettront à votre sens critique propre de prendre le dessus sur le catéchisme scientiste que vous vous efforcez de réciter.

Vous affirmez que loger des travailleurs payera l'AVS. Or, Genève a un taux de chômage élevé par rapport au reste de la Suisse. La logique voudrait donc qu'on commence par résoudre ce problème, notamment en adaptant la formation aux besoins de main d'oeuvre. Dans bon nombre de domaines, et particulièrement dans le corps médical, on applique volontairement une politique inverse. Quel est le raisonnement, si ce n'est un dumping salarial qui perdure et voulu par certains intérêts qui sont tout sauf genevois?

Par ailleurs, l'augmentation de l'espérance de vie et la surpopulation est un faux problème en Suisse. En effet, la natalité étant à 1.4 environ (l'équilibre se situant entre 2 et 2.1), il faudrait que les gens deviennent immortels pour que la population ne diminue pas d'elle-même. La disparité dans le tranches de population, elle, est justement le fait de cette politique que vous vantez et qui consiste à remplacer des nouveaux-nés par des travailleurs de 20 à 30 ans: 30 ans plus tard, ça donne trop de vieux pour pas assez de travailleurs. Si l'on continue, le problème s'accentue avec le temps.

Alors, pour quelle raison construire des logements, si la vision économico-démographique n'est pas viable de toute façon? Bien sûr, il y a une demande immédiate, mais nous, les Versoisiens conscients, refusons de signer les yeux bandés pour un plan qui n'a pas pris en compte ces éléments factuels.

De plus, le projet est scandaleusement dense pour une commune qui est la troisième de Genève au niveau précarité et qui a eu l'expérience de la misère sociale importée au quartier récent de la Pelotière. Ce complexe de clapiers à lapins n'abritera évidemment pas de jeunes versoisiens, mais une nouvelle vague de bétail humain pour une petite ville qui n'a pas les infrastructures pour gérer sa propre population. Je ne vois pas bien quel est votre "projet d'avenir".

Enfin, il y a conséquemment l'esthétique et la quantité à remettre en cause, lesquelles n'ont pas été améliorées au fil des versions du PLQ en question, malgré le travail acharné de l'association de quartier AHQLAC. Avec un projet plus raisonnable, avec une meilleure écoute, avec un conseil administratif plus impliqué et même à défaut d'une vision précise, on se serait probablement montré plus conciliant.

Écrit par : Thomas Mazzone | 23/08/2013

Merci pour ce poste de blog plein d'un bon sens que certains retrouverons dès que l'on aura 15% de chômage, et une récession...

Écrit par : Olivier PK | 28/08/2013

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