25/07/2013

Entre nature et lois, quelle place laisse-t-on à l’humain ?

Les tribulations de la (future ?) plage des Eaux-Vives ont de quoi laisser songeur. D’un côté, on nous explique que la décision du Tribunal, fondée uniquement sur le droit (encore heureux, direz-vous), visait spécifiquemplage, Eaux-Vives, natureent le non-respect par l’Etat des procédures de planification de zone et l’absence de demande de modification de zone au Grand Conseil. D’un autre côté, le WWF a dit ce matin à la radio qu’il serait opposé à toute forme de remblais dans le lac. Son annonce de lundi dernier parue dans la Tribune de Genève précise « que la biodiversité est plus forte dans la zone littorale du lac (…). Il reste très peu de milieux naturels aquatiques (…) à Genève et nous sommes bien incapables de trouver les surfaces pour recréer des écosystèmes de ce type ».

Et pourtant, cette plage répond à un réel besoin de la population, de même que l’ensemble de l’aménagement qu’elle prévoit, c’est-à-dire déplacement des activités portuaires et extension du port. Besoin si réel, qu’il a fait l’unanimité de la classe politique. De longues heures vont donc prochainement être dépensées par de nombreux fonctionnaires pour tenter de concilier milieux naturels aquatiques et bipèdes.

Cela est bel et bon lorsque la collectivité a du temps et de l’argent à gaspiller. Or, Genève n’a plus ni l’un ni l’autre : d’atermoiements en recours, nous sommes désormais en retard tant en matière d’infrastructures que de logements et, de surcroît, nous détenons la palme de canton le plus endetté de Suisse.

Un jour prochain, il faudra donc se résoudre à faire des choix. J’espère que ce sont les besoins des humains – qui vivent à Genève ici et maintenant - qui prendront le pas sur ceux des écosystèmes aquatiques.

10:27 Publié dans Genève | Tags : plage, eaux-vives, nature | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/07/2013

Certains morts sont plus égaux que d'autres

Les chaînes françaises, en particulier les chaînes d'info en continu, ont consacré quasiment 48 heures à l'accident de train Brétigny sur Orge, repassant en boucle les mêmes trois ou quatre - maigres - interviews, sans apporter de commentaire supplémentaire à la simple consternation générale (ce n'est d'ailleurs que le 3ème jour que le sujet du 20 heures mentionnait, tout à fait accessoirement, le fait que de nombreux cheminots résident dans cette commune, ce qui justifie sans doute une partie du trauma). A l'inverse, l'accident de Lac Mégantic, où plusieurs dizaines de personnes sont parties en fumée pendant leur sommeil, a, certes, fait les gros titres mais guère plus. Ce type de constat peut, malheureusement être posé assez régulièrement et les questions demeurent les mêmes: quels sont les éléments constitutifs d'une catastrophe? Le nombre de morts? Apparemment pas, puisque les 6 morts en France pèsent plus que la cinquantaine de morts ( ou disparus dans le brasier) au Canada. La nature de l'accident? Les accidents spectaculaires et inhabituels retiennent en effet plus l'attention que le bête accident de la route. La nationalité des morts? Evidemment, un média national s'arrête sur les événements pour lesquels les téléspectateurs / auditeurs / lecteurs peuvent ressentir un lien émotionnel. Tous les morts se valent, mais certains sont plus égaux que d'autres, doit-on donc en conclure en paraphrasant G. Orwell. Si nous n'étions au beau milieu de la bienfaisante torpeur estivale, nous pourrions aussi faire le lien avec la théorie de la mort de Vladimir Jankélévitch, qui définissiait la mort en troisième personne - qui m'indiffère puisque c'est celle de gens que je ne connais pas - la mort en première personne - dont je ne ferai pas l'expérience, puisque c'est la mienne - et la mort en deuxième personne - la seule qui puisse me rapprocher de l'expérience de la mort, pusiquue c'est celle de personnes qui me sont très proches, parents, par ex. Mais laissons cela pour la prochaine catastrophe...

16:40 Publié dans Humeur | Tags : mort, catastrophe, média | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

06/07/2013

Quand on veut, on peut

Cornavin, transfert modal, cadences, RER, grands projetsL’unanimité qui a présidé au choix de la variante d’extension de la gare de Cornavin ne peut que réjouir, surtout après l’effarante claque assénée au projet de plage des Eaux-Vives. Espérons que ce cas servira pour longtemps d’exemple en matière de gestion de projets, grands et moins grands. On voit en effet que ce résultat procède d’une série d’éléments qui forment une « bonne pratique » :

 

  • front uni des parlementaires fédéraux genevois et des autorités cantonales pour soutenir à Berne le dossier de l’extension de Cornavin,
  • écoute et prise en compte des propositions étayées (toujours plus efficaces que de simples revendications) d’une association d’habitants,
  • collaboration de la Ville de Genève et du canton pour mandater une étude indépendante,
  • étude globale d’une solution (j’ai noté avec intérêt que l’étude n’était pas du type « ou bien ou bien » mais plus holistique puisque 16 variantes souterraines ont été examinées)
  • choix final d’une variante qui offre des possibilités supplémentaires à plus long terme (dommage qu’on n’ait pas appliqué ce type de raisonnement à la construction de l’autoroute de contournement, déjà saturée 20 ans après son achèvement).

Ne se pose « plus que » la question du coût. Et encore. D’une part, parce que prise dans sa totalité, la variante de surface revient au même prix, la construction de voies passant l’une sous l’autre (les fameux sauts-de-mouton) étant prévue à terme. D’autre part, parce que je ne peux pas imaginer un instant qu’on ne trouverait pas les moyens de financer une infrastructure indispensable non seulement au canton mais au reste de la Suisse. Surtout lorsqu’on se donne pour objectif de favoriser le transfert modal : des RER au quart d’heure sont absolument nécessaires.

Certes, 400 millions ne se trouvent pas dans les pas d’une puce, mais la Ville a bien réussi à proposer de payer quelque 11 millions pour refaire l’allée périphérique de la plaine de Plainpalais. Gageons qu’elle saura se mobiliser pour un équipement autrement plus essentiel…

10:34 Publié dans Genève | Tags : cornavin, transfert modal, cadences, rer, grands projets, plainpalais | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |