06/07/2013

Quand on veut, on peut

Cornavin, transfert modal, cadences, RER, grands projetsL’unanimité qui a présidé au choix de la variante d’extension de la gare de Cornavin ne peut que réjouir, surtout après l’effarante claque assénée au projet de plage des Eaux-Vives. Espérons que ce cas servira pour longtemps d’exemple en matière de gestion de projets, grands et moins grands. On voit en effet que ce résultat procède d’une série d’éléments qui forment une « bonne pratique » :

 

  • front uni des parlementaires fédéraux genevois et des autorités cantonales pour soutenir à Berne le dossier de l’extension de Cornavin,
  • écoute et prise en compte des propositions étayées (toujours plus efficaces que de simples revendications) d’une association d’habitants,
  • collaboration de la Ville de Genève et du canton pour mandater une étude indépendante,
  • étude globale d’une solution (j’ai noté avec intérêt que l’étude n’était pas du type « ou bien ou bien » mais plus holistique puisque 16 variantes souterraines ont été examinées)
  • choix final d’une variante qui offre des possibilités supplémentaires à plus long terme (dommage qu’on n’ait pas appliqué ce type de raisonnement à la construction de l’autoroute de contournement, déjà saturée 20 ans après son achèvement).

Ne se pose « plus que » la question du coût. Et encore. D’une part, parce que prise dans sa totalité, la variante de surface revient au même prix, la construction de voies passant l’une sous l’autre (les fameux sauts-de-mouton) étant prévue à terme. D’autre part, parce que je ne peux pas imaginer un instant qu’on ne trouverait pas les moyens de financer une infrastructure indispensable non seulement au canton mais au reste de la Suisse. Surtout lorsqu’on se donne pour objectif de favoriser le transfert modal : des RER au quart d’heure sont absolument nécessaires.

Certes, 400 millions ne se trouvent pas dans les pas d’une puce, mais la Ville a bien réussi à proposer de payer quelque 11 millions pour refaire l’allée périphérique de la plaine de Plainpalais. Gageons qu’elle saura se mobiliser pour un équipement autrement plus essentiel…

10:34 Publié dans Genève | Tags : cornavin, transfert modal, cadences, rer, grands projets, plainpalais | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je serais curieux de connaitre l'impact de la modification de la taxation au lieu de domicile plutôt celui du travail sur la richesse de la ville.
Je ne partage pas votre optimisme pour des projets d'une telle envergure qui restent dépendants de la Confédération. Mais si ce n'est qu'un prêt avec intérêt, alors bien sûr, la donne change...
Une rivalité malsaine et coûteuse est entretenue entre la ville et le canton. A tel point qu'on se demande parfois s'il ne serait pas plus sage de faire comme à Bâle en créant un canton-ville.
Comme j'ai eu l'occasion de le relever lors de l'invitation PME-Politique, il me semble que nous devrions sérieusement envisager de soigner nos relations avec les mécènes privés qui sont prêts à participer à des projets d'envergure. La coopération entre le public et le privé est appelée à se développer. Nous en avons quelques exemples récents, à l'instar du musée de l'Elisée qui refuse de devenir propriétaire des collections afin de disposer de liquidités affectées à la qualité des expositions plutôt qu'à l'exclusivité garantie par la possession d'une oeuvre.
Nous verrons de plus en plus de ces initiatives de partage. Dans tous les domaines. La propriété privée n'exerce plus la même attractivité. Les jeunes d'aujourd'hui ne veulent plus acheter une voiture et ils ne peuvent plus envisager d'acquérir un terrain pour construire une maison. Les coopératives d'habitations fleurissent. C'est plutôt encourageant, non ?

Écrit par : Pierre Jenni | 06/07/2013

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