27/06/2013

Un nouveau quartier de qualité : « yes, we can ! »

20090724_gare_eaux-vives.jpgL’adoption par le Conseil d’Etat, ce mercredi, du PLQ de la gare des Eaux-Vives, n’est évidemment pas une surprise mais c’est néanmoins une bonne nouvelle qui mérite que l’on s’y attarde.

Pour la Ville de Genève, c’est un projet d’aménagement d’une envergure (34’000m2 de superficie) comme il s’en présente peu – par la force des choses - et un nouveau quartier idéal à bien des égards : mixité logements et activités, équipements publics (crèches, équipements sportifs), activités culturelles (puisque ce sera le siège de la Nouvelle Comédie), voie verte et transports collectifs à portée de main.

Avec un bonus : le nombre de logements prévus dans ce PLQ, 310 au total, est supérieur d’environ 50 à celui imaginé par le PDQ (plan directeur de quartier). On ne peut que s’en réjouir !

Lors du vote de ce PLQ au Conseil municipal, j’avais toutefois, au nom du groupe démocrate-chrétien, émis quelques réserves, notamment par rapport au fameux ratio «un logement pour un emploi». Certains groupes ont souhaité graver ce ratio dans le marbre. De telles impositions de principe ont peu de sens ; ce sont des équilibres vers lesquels un projet d’aménagement doit tendre, pas des règles absolues. D’ailleurs, c’est la Ville qui, à l’occasion des toutes premières discussions sur le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV), avait fait remarquer qu’une bonne gestion de l’urbanisme impliquait de veiller à une mixité d’emplois et de logements, notamment pour des questions de transports.

Autre bémol certain, le PLQ n’octroie qu’une demi-place de stationnement par logement. C’est une proportion extrêmement faible, dans un quartier où il manque 450 places depuis le temps de M. Ferazzino – ce chiffre avait été calculé par ses services à l’époque, on ne peut donc pas le taxer d’exagération. La présence des transports publics et du train (CEVA à la gare des Eaux-Vives) mitigent naturellement ce problème. Néanmoins, ce n’est pas en diminuant les équipements là où il y en a déjà peu que l’on résoudra le problème à long terme.

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21/06/2013

Mendiants et avocats: quand la défense de la société devrait primer sur celle des marginaux

Certains problèmes de société ne changent pas au fil des siècles – la mendicité en fait malheureusement partie. Dès le Moyen Age, on trouve des villes dont le généreux système d'assistance publique offerte aux mendiants portait en lui les germes d’une faillite à court terme. En effet, il y a trop de misère dans le monde pour qu'une seule communauté puisse supporter longtemps les conséquences d'une générosité qui attire les foules. Le souci d'une protection durable commanderait donc de limiter cette assistance aux membres de la communauté (voir Jean Louis [Johanes Ludovicus] Vives, De subventione pauperum, 1525 : manuel rédigé à l'intention de la municipalité d'Ypres pour introduire un système d'assistance publique et qui prévoit notamment l'interdiction de la mendicité.).

Contrairement à la société moyenâgeuse, les mendiants d'aujourd'hui ont la possibilité de recourir à l'assistance d'un avocat, qui peut engager une procédure en leur faveur. Cependant, quand tous les membres de cette société ne sont pas prospères, de telles actions juridiques provoquent inévitablement des questions. L’action de l’avocat en faveur du mendiant n’est-elle pas contraire aux intérêts de la société ? N’y a-t-il pas abus des droits de l'homme ?

Certes, la situation est plus compliquée et le conflit d'un certain nombre de principes est inévitable. Mais comment faire pour trouver une solution pragmatique aux intérêts en jeu ? Pour commencer, il faudrait sans doute revoir la législation en vigueur pour définir avec plus de précisions les règles du jeu ; et notamment empêcher de recourir aux artifices juridiques pour bloquer une décision. D'autre part, il serait tout aussi important de permettre à ceux des membres de la cité qui souhaitent aider les nécessiteux à titre privé, de le faire autrement qu’au coup par coup, en étant confrontés à la mendicité sur la voie publique.

Et plus difficile encore : comment faire pour qu’un tel débat se déroule de manière dépassionnée ?...

08:18 Publié dans Genève | Tags : mendicité, société | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

12/06/2013

Ne pas avoir peur du changement !

Le référendum qui vient d’être lancé contre la densification des zones de développement est inquiétant à plus d’un titre. Nième manifestation du syndrome « pas derrière chez moi », il repose sur une erreur fondamentale et pourtant inlassablement colportée : la densité ne nuit pas à la qualité urbaine. Les Morgines, à Onex, ont une densité de 1,4, comme le Vieux-Carouge. Les exemples peuvent être multipliés et montrent tous la même chose : la densité, prise pour elle-même ne signifie en réalité rien. Ce qui compte, c’est la forme donnée à l’urbanisation : y a-t-il des espaces verts, comment circule-t-on dans et vers le quartier, quelle est l’esthétique des bâtiments ? Tels sont les aspects qui comptent vraiment.

Les référendaires relèvent que cette loi « changera fondamentalement » l’aspect du canton. Et c’est heureux ! Différentes études montrent que, à moins d’une crise économique majeure, la population augmente. Seule la vitesse de croissance diffère selon les scénarios. Il est essentiel de pouvoir loger cette population et le canton doit s’adapter en conséquence, comme il s’est modifié au cours des siècles passés.

Il y a dans ce mouvement de refus une part de peur du changement et une part d’égoïsme. C’est très humain… mais ce n’est guère acceptable pour autant. Car, bien que les référendaires s’en défendent, refuser la densification est par définition synonyme de refuser le développement économique.

On se félicite actuellement de toutes parts que l’économie suisse et genevoise résiste à la crise environnante, mais cela n’est pas dû au hasard. C’est parce que notre économie est diversifiée et qu’elle arrive, tant bien que mal, à créer des emplois. Ce cercle vertueux est pourtant fragile.

Les Genevois ne peuvent pas se conduire en enfants gâtés et ne manger que la crème sur le dessus du gâteau. Sinon, il n’y aura bientôt plus ni gâteau ni pâtisserie. Et là, il sera trop tard pour faire machine arrière !

12:44 Publié dans Genève | Tags : aménagement, densité, densification, référendum | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |