12/06/2013

Ne pas avoir peur du changement !

Le référendum qui vient d’être lancé contre la densification des zones de développement est inquiétant à plus d’un titre. Nième manifestation du syndrome « pas derrière chez moi », il repose sur une erreur fondamentale et pourtant inlassablement colportée : la densité ne nuit pas à la qualité urbaine. Les Morgines, à Onex, ont une densité de 1,4, comme le Vieux-Carouge. Les exemples peuvent être multipliés et montrent tous la même chose : la densité, prise pour elle-même ne signifie en réalité rien. Ce qui compte, c’est la forme donnée à l’urbanisation : y a-t-il des espaces verts, comment circule-t-on dans et vers le quartier, quelle est l’esthétique des bâtiments ? Tels sont les aspects qui comptent vraiment.

Les référendaires relèvent que cette loi « changera fondamentalement » l’aspect du canton. Et c’est heureux ! Différentes études montrent que, à moins d’une crise économique majeure, la population augmente. Seule la vitesse de croissance diffère selon les scénarios. Il est essentiel de pouvoir loger cette population et le canton doit s’adapter en conséquence, comme il s’est modifié au cours des siècles passés.

Il y a dans ce mouvement de refus une part de peur du changement et une part d’égoïsme. C’est très humain… mais ce n’est guère acceptable pour autant. Car, bien que les référendaires s’en défendent, refuser la densification est par définition synonyme de refuser le développement économique.

On se félicite actuellement de toutes parts que l’économie suisse et genevoise résiste à la crise environnante, mais cela n’est pas dû au hasard. C’est parce que notre économie est diversifiée et qu’elle arrive, tant bien que mal, à créer des emplois. Ce cercle vertueux est pourtant fragile.

Les Genevois ne peuvent pas se conduire en enfants gâtés et ne manger que la crème sur le dessus du gâteau. Sinon, il n’y aura bientôt plus ni gâteau ni pâtisserie. Et là, il sera trop tard pour faire machine arrière !

12:44 Publié dans Genève | Tags : aménagement, densité, densification, référendum | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

Commentaires

Chère Madame,

Votre commentaire est pertinent mais il l'aurait été encore plus si vous aviez pris le temps de lire le texte du référendum. En effet, celui-ci ne s'oppose pas à la densification, loin s'en faut, mais à la surdensification et notamment à la substentifique moelle de la nouvelle loi qui est l'imposition d'un indice de densité minimum en zone de développement. Oui, on connait tous l'exemple du Vieux-Carouge qui est plus dense que les Tours de Carouge !!! Mais vous comparez un quartier issu du 18ème siècle avec les projets urbanisitiques du XXIème ?? Je peux vous donner un contre-exemple: la nouvelle loi va imposer un indice de densité minimum de 1.8 en ZD3... Les Avanchets, c'est 1.2... Mois glamour que Carouge n'est-ce-pas ??
Mais le coeur du problème, et vous le résumez très bien, c'est qu'il faut construire pour suivre le développement économique... D'accord ! D'où ma question à vous: ON S'ARRETE OU ??

Écrit par : Philippe Mathenet | 12/06/2013

Les termes que vous utilisez sont bancaux, et bien mal définis... Développement économique oui, mais une augmentation du PIB n'est de loin pas égale à une élévation du niveau de vie des habitants. Faut-il tout sacrifier au nom du capitalisme et de la mondialisation? Au risque même d'endommager nos valeurs sociales? Je ne crois pas, et je ne pense pas que je suis le seul à le penser.
La population augmente, heureusement d'ailleurs. Mais comment augmente-t-elle, c'est une autre question. C'est surtout par la présence de nombreuses multinationales, ou de sièges d'organisations mondiales, qui ramènent emplois et personnels que la population grandit.
Maintenant la question sociale se pose : Genève est un petit canton, jusqu'où irons-nous ? Voulons-nous d'une Genève métropolitaine? C'est au peuple d'en décider. Mais s'il vous plaît, épargnez-nous les raccourcis faciles tel que "le refus à la densification est preuve d'égoïsme"... Un changement de politique sur la question se ferait justement pour promouvoir notre espace naturelle, et peut-être pour une Genève plus harmonieuse que celle d'aujourd'hui, tant au niveau social qu'urbaine.
De plus, je ne suis pas sûr que de traiter les Genevois "d'enfants gâtés" réglera la question, et la comparaison de notre situation économique et social avec un gâteau est assez puéril. La question est bien plus complexe que cela, et vous le savez.

Écrit par : Anonyme | 13/06/2013

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