27/05/2013

L'électricité n'est pas assez chère

Le débat sur l’énergie tourne quasiment exclusivement autour de la question de l’arrêt des centrales nucléaires et des énergies renouvelables de remplacement. Mais personne ne raisonne en termes économiques.

Si l’on regarde seulement Genève, la consommation de chaleur par habitant a diminué ces dernières années alors que le nombre d’habitants a augmenté. C’est encourageant mais très largement insuffisant. Dans le même temps, l’accroissement moyen de la consommation d’électricité genevoise est passé de +6% entre 2005 et 2008 à -0,1% entre 2008 à 2011, contre +2,2% au niveau suisse entre 2005 et 2011. Le programme éco21 des SIG est indéniablement efficace mais on est très loin du but…

Quand on voit que les ménages suisses dépensent en moyenne mensuelle 231 francs pour leurs vêtements et chaussures et 68 francs pour l’électricité (chiffres OFS 2006-2008), on se dit qu’il faudrait peut-être commencer par là. Tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur dit l’adage. Or, c’est exactement ce qui se passe, pour les particuliers, avec les dépenses d’électricité : c’est un poste presque invisible dans les dépenses des ménages. Dès lors, il devient très compliqué de faire comprendre qu’économiser l’énergie est impératif. Renchérir le prix de l’électricité pour les ménages : ce n’est politiquement pas correct (surtout en année électorale) mais ne serait-ce pas un (électro)choc salutaire ?

11:36 Publié dans Economie | Tags : électricité, énergie, sig, consommation, éco21, ménages | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

21/05/2013

Les droits fondamentaux des uns… et ceux des autres, alors ?

Un grand match, de foot ou de hockey, est désormais un casse-tête monumental pour la commune qui a le malheur de l’héberger. La finale de la Coupe de Suisse, hier, n’a pas fait exception à la règle : engagement massif de policiers, « plans de circulation » différenciés pour les supporters des deux équipes, gare de Berne partiellement bloquée à midi pour permettre l’arrivée des supporters… L’office fédéral de la police avait calculé, en 2009, que 900 policiers étaient engagés chaque année uniquement pour assurer la sécurité de telles manifestations sportives, ce qui représente un coût à charge de la collectivité d’environ 25 millions de francs.

Et pendant ce temps-là, le Bernois lambda était bien inspiré d’éviter de se promener dans sa propre ville…

Les polices cantonales et communales sont désormais habituées à ce genre d’événement, mais est-il vraiment normal d’admettre que des matches sportifs, qui devraient être l’occasion de réjouissances, soient des occasions de guérilla ?

La modification du Concordat intercantonal instituant des mesures entre la violence lors de manifestations sportives, qui renforce certaines mesures (interdictions de périmètre, interdiction de stade, obligation de se présenter à la police et fouilles corporelles), vise à limiter les débordements en empêchant l’accès des stades aux hooligans. Mais plusieurs cantons – dont Genève – ne l’ont pas encore ratifiée. A Berne et au Tessin, une récolte de signatures est en cours, en vue du lancement d’un référendum et une association de supporters a fait recours au nom des droits fondamentaux de l’individu.

Et le droit fondamental du citoyen de se promener en Suisse sans devoir planifier ses parcours et ses promenades comme s’il vivait dans un Etat en guerre ? Et le devoir fondamental de l’Etat d’assurer des tâches autrement plus utiles à la collectivité que de contrôler des hooligans irréductibles ?

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » précise la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789… Ne faudrait-il pas que les dirigeants revoient leurs classiques de temps à autre ?

13:47 Publié dans Humeur | Tags : football, hooligan, liberté, droits fondamentaux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/05/2013

Discriminez, discriminez, il en restera toujours quelque chose!

Chaque jour apporte décidément son lot de nouvelles sidérantes. Ainsi, RTS La Première a diffusé ce matin un sujet (rubrique "les Temps modernes") sur des entreprises américaines qui ont désormais comme politique d'embauche de ne plus engager de fumeurs. L'exemple d'un hôpital était donné. Première justification: les fumeurs dégagent une odeur de fumée qui peut incommoder les patients. Deuxième justification, les pauses cigarette font perdre en productivité (ce qui est probablement juste mais alors l'employeur doit présenter son choix purement et simplement comme une mesure de maximisation de la productivité). Ces arguments, spécieux, masquent difficilement que l'hygiénisme ambiant veut tout simplement imposer aux citoyens des comportements que quelques personnes, pas forcément majoritaires d'ailleurs, ont décrété être sains. Mais ce nouvel exemple américain me paraît d'une nature encore plus inquiétante. Aujourd'hui, les fumeurs. Et demain? On n'emploiera plus que des honnes? ou des femmes? ou des blonds aux yeux bleus? Après la main mise du "politiquement correct" sur les débats de société, introduire ce genre de discrimination ne peut être qu'une porte ouverte sur l'intolérance.

11:58 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |