15/02/2018

Médias de service public : un investissement à long terme !

médias,billagLa liberté commerciale est-elle mère de toutes les vertus ? C’est la question que pose l’initiative « No Billag », qui entend supprimer les subventions publiques directes octroyées à la Société suisse de radiodiffusion et, par la même occasion, biffer de la Constitution la notion de service public en matière de radio et de télévision. Le raisonnement derrière cette proposition est que le marché des médias deviendrait ainsi plus libre et plus compétitif, ce qui profiterait au public. Du coup, ce dernier ne paierait que ce qu’il consomme.

Or, les redevances permettent la création d’une offre de programmes, reportages, fictions et divertissements adaptés aux régions linguistiques et à la mentalité helvétique. Sans parler des facilités destinées à des minorités telles que le sous-titrage pour malentendants et le recours à la langue des signes.

Leur suppression aurait pour conséquence de livrer le marché à de puissants groupes d’information étrangers, sans implantation locale, qui assureraient sans doute la diffusion d’émissions, mais pas leur création. Il est intéressant de constater comment, dans une démocratie éprouvée comme celle que pratique la Suisse, certains se méfient des « médias d’Etat ». A l’heure des « fake news », il paraît pourtant évident que la qualité des contenus doit être une priorité. Et quelle garantie de qualité offrent ces grands groupes étrangers ?

La notion même de libre marché est, dans ce cas, un leurre. Car la suppression des redevances affectera jusqu’à 50% du financement de 25 médias privés (voir à ce sujet l’interview d’Alexandre de Raemy, directeur général de Media One Group et membre du Conseil de la CCIG, parue dans CCIGinfo n°2, février 2018).

Comme souvent, la vérité se trouve à mi-chemin : s’il est clair qu’un monopole d’Etat sur l’information et les contenus audiovisuels est néfaste, laisser le champ libre aux seuls opérateurs privés coûterait cher en terme de cohésion nationale. C’est donc NON à No Billag le 4 mars prochain !

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01/10/2017

Prévoyance 2020 : une question de valeurs

avs,prévoyance,assurance socialePrévoyance 2020 : la mayonnaise n'a pas pris. Les causes du refus sont certes multiples – les non se sont additionnés, cas fatal dans une votation – mais peuvent sans doute se résumer au fait que la majorité de la population n’a pas eu confiance dans la suite des opérations et n’a vu que des désagréments dans le paquet proposé. Il pourrait donc être utile de clarifier les enjeux avant de remettre l’ouvrage sur le métier.

L'histoire de la prévoyance sociale nous enseigne qu'à l’origine, la charité, largement dictée par la plupart des religions, était le seul moyen de secourir les miséreux. Ensuite, une fois la société un peu mieux organisée, a été créée l'assistance publique, dont la dénomination a finalement été transformée en aide sociale. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’est arrivée une nouvelle technique de lutte contre la pauvreté : l'assurance sociale. Et nous en sommes toujours là, la plupart des pays utilisant à la fois l'aide et l'assurance sociale.

Les deux approches ne comportent cependant pas les mêmes valeurs de société. L'aide sociale, financée par l'impôt, repose sur une mentalité civique qui octroie volontiers une aide au citoyen dans le besoin, lorsqu'il en fait la demande. L'expérience nous a appris que, s'il y a des personnes qui abusent de l'aide sociale, il y a aussi celles qui ont honte de la demander. En revanche, une prestation d'assurance, telle que l'AVS, est un dû, versé de droit à toute personne dans des conditions précisément définies.

Beaucoup insistent sur l'attachement historique du peuple suisse à l'AVS. Est-ce vraiment certain ? Les citoyens sont-ils prêts à payer le prix de l’assainissement indispensable de cette institution? Etant donné l'importance de la réponse à cette question, il faut probablement travailler d’abord sur le volet AVS et soumettre ce projet au peuple. Les valeurs défendues par notre société seront ainsi, du moins peut-on l’espérer, réaffirmées.

Ce n’est qu’ensuite que les mesures complémentaires telles que prévoyance professionnelle et déductions sociales fiscales pourront être abordées.

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04/09/2017

Prévoyance vieillesse : à la recherche du graal ?

La durée de vie du projet Prévoyance 2020 fait l’objet de toutes les interrogations. En effet, il serait étonnant que les différentes solutions techniques proposées répondent d'emblée aux besoins de la société. Etant donné sa complexité, cette réforme doit être considérée, par définition, comme provisoire et perfectible dans le temps.

Il faut abandonner l'idée qu'une institution sociale aussi vitale que les pensions de vieillesse pour le bon fonctionnement de notre société  - au sein de laquelle les relations humaines changent en permanence - puisse rester figée pendant une longue période de temps. L’important sera, une fois la réforme adoptée, de commencer immédiatement réfléchir au mécanisme qui pourrait accompagner le système en fonction des besoins des citoyens afin d'assurer que les révisions nécessaires seront effectuées en temps opportun.

En effet, les groupes de population directement concernés par les mesures prises en matière de pensions sont trop nombreux pour qu'on puisse trouver dès le départ un équilibre optimum. Mises à part les grandes divisions entre jeunes et vieux, actifs et inactifs, hommes et femmes, employeurs et employés, il existe des sous-catégories parmi certains groupes : par exemple mariés et célibataires, travailleurs à plein temps et à temps partiel. Il faudra du temps pour que les intérêts conflictuels entre ces groupes puissent trouver une solution dans le cadre d'une discussion démocratique. Le projet contient déjà un certain nombre de propositions, par exemple pour différentier entre bénéficiaires actuels et rentiers futurs ou pour mieux assurer les bas salaires par l'abaissement du seuil d'accès à la prévoyance professionnelle. Il n'y aura donc qu'à poursuivre dans cette voie.

Dans l’immédiat, il faut retenir que le projet mis en votation représente une solution au moins temporaire aux problèmes urgents des pensions. Il touche l'ensemble du secteur des prestations de vieillesse et il est le résultat d'un compromis librement consenti par les principaux partenaires sociaux. Pour toutes ces raisons, il convient de voter OUI.

08:34 Publié dans Société | Tags : prévoyance, rentes, vieillesse, votation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |