30/06/2016

Brexit : l’émotion et la raison

Il a été assez amusant de constater, sur les réseaux sociaux, que nombre de Suisses félicitaient les 52% de Britanniques qui ont voté pour sortir de l’Europe et fait le choix de l’indépendance. Mais qu’a vraiment voulu dire cette majorité ? Qu’elle en avait marre, certainement. Qu’elle voulait se compliquer la vie en se coupant de l’UE, probablement pas. Les multiples débats, notamment télévisés, n’ont clairement pas été d’une grande utilité pour aider les votants à décrypter les enjeux du scrutin ; ils furent même d’une vacuité intersidérale. Même si le public posait parfois de bonnes questions (comment nos emplois seront-ils assurés ?), l’absence de réponse concrète n’était jamais relevée.

Les envolées lyriques des chantres de l’indépendance tombent malheureusement lourdement à côté de la plaque. Dans un monde globalisé comme le nôtre, l’indépendance absolue ne peut pas exister. Et les « amis indépendants » de Suisse sont bien placés pour le savoir : nous gagnons un franc sur deux à l’étranger et un franc sur trois avec l’Union européenne. En valeur sonnante et trébuchante, il s’agit de 128 milliards de biens et services vendus à l’UE en 2014. La Suisse est donc tout sauf indépendante.

En réalité, le vote britannique n’est ni un cataclysme ni la huitième merveille du monde. Il s’agit d’une nouvelle donne. Comme la Suisse l’a fait après le refus populaire de l’adhésion à l’EEE, le Royaume(pour l’instant encore)-Uni va devoir inventer son futur. Pour la Suisse, le Brexit est une « encouble » supplémentaire dont elle se serait bien passé. Tant les milieux politiques qu’économiques vont devoir composer avec cette situation ; espérons qu’ils le fassent en utilisant leur tête plutôt que leurs tripes.

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01/03/2016

Apprivoiser le futur

Non seulement, depuis 20 ans, les capacités des technologies de l’information doublent chaque année, mais, économie,innovation,plus important, une étape majeure a été franchie en 2014 avec le « deep learning ». Des réseaux de neurones synthétiques arrivent désormais, en 0.1 seconde, à remplir des fonctions de base de l’homme, fonctions que nous considérons ordinairement être de l’ordre du réflexe.

Tel est l’un des éléments qui caractérisent ce qu’on nomme volontiers la quatrième révolution industrielle. Mais peu importe le numéro qu’on lui attribue, il est manifeste que nos modes de production sont en train de se transformer profondément. Le Prix 2015 de l’innovation, décerné par la CCIG, le département de la sécurité et de l’économie et l'OPI, en a du reste donné un petit aperçu : l’entreprise lauréate, Qualimatest, a été récompensée pour avoir mis au point un procédé électronique de contrôle de qualité capable d’évaluer des détails « esthétiques » comme le ferait un œil humain. Les exemples pourraient être multipliés.

En choisissant comme objectifs prioritaires de la stratégie économique cantonale les technologies innovantes telles que fintech et sciences de la vie (à côté de la promotion des activités industrielles et du négoce de matières premières), le département de la sécurité et de l’économie a correctement senti le vent. En particulier, l’annonce, fin janvier, de l’ouverture d’un nouvel incubateur dédié à la biotech et à la medtech est une excellente nouvelle. En effet, les clusters thématiques ont fait leur preuve mais nous ne devons pas oublier que l’innovation n’est jamais donnée une fois pour toutes ; elle se cultive soigneusement, jour après jour.

L’innovation est le résultat d’une subtile alliance entre entreprises, R&D, acteurs politiques et financiers. La Suisse romande, et Genève en particulier, est bien positionnée à cet égard : 570 multinationales actuellement installées dans le seul canton de Genève, un choix de plus de 200 formations offertes dans les universités et hautes écoles de Suisse occidentale, 6% du PIB – en moyenne nationale – consacrés à la recherche.

D’aucuns se félicitent de ce que les nouvelles technologies vont faire disparaître les travaux pénibles et les postes non qualifiés. Il est cependant dangereux d’en conclure que les emplois de demain seront, ipso facto, hautement qualifiés. C’est ici que prennent tout leur sens les efforts visant à mettre sur pied de nouvelles formations, tant initiales que continues.

Le futur est sans doute brillant, mais il faut d’abord l’apprivoiser afin de s’assurer qu’il profitera à tout le monde.

 

Ce texte est l'édito du CCIGinfo 2_2016

10:40 Publié dans Economie | Tags : économie, innovation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

11/09/2015

L’intérêt du canton avant les clivages politiques

Dans une société où l’individu se définit d’abord par son travail, les nuages noirs qui s’amoncellent sur l’horizon économique suisse peuvent difficilement laisser indifférent. Une élection est, pour tout citoyen, le moment où il peut influer sur les destinées du pays en choisissant de voter pour les personnes qui, selon lui, sont le mieux à même de défendre son emploi et sa qualité de vie.

Le 18 octobre prochain auront lieu les élections au Conseil national et au Conseil des Etats. C’est donc le bon moment pour prendre la mesure des défis qui attendent notre pays et voter pour celles et ceux qui proposent les solutions les plus pertinentes.

La migration est bien entendu un enjeu crucial. Les débats suscités par le fameux vote du « 9 février » ont eu au moins un mérite, celui d’obliger à repenser le rôle des femmes et des seniors dans la vie active. Mais il est clair que, particulièrement dans le bassin lémanique, ces catégories de population ne peuvent remplacer la main d’œuvre étrangère.

Dans un autre registre, la fin de 2015 verra le début de discussions, au plan fédéral, portant sur les infrastructures, à commencer par le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Encore une fois, Genève et le bassin lémanique seront spécialement concernés. 

Enfin, la fiscalité des entreprises sera le dossier chaud des douze à dix-huit prochains mois. Pour la CCIG, il y a deux enjeux majeurs. Tout d’abord, le nouveau taux d’imposition, unique, doit être suffisamment bas pour que les entreprises à statut ne déguerpissent pas. Ce sont tout de même 50 000 emplois directs et indirects. Le canton enregistrera néanmoins un manque à gagner. Comment celui-ci sera-t-il compensé ? C’est le second enjeu et sa solution n’est pas encore trouvée.

Genevois et Confédérés aiment bien se gausser régulièrement des « Genfereien », ces idiosyncrasies dont Piogre a le secret. Mais la vérité est que l’histoire et la position géographique particulière de notre canton lui ont donné une structure économique distinctive. C’est pourquoi la députation genevoise qui sortira des urnes le 18 octobre prochain devra avant tout être capable de surmonter les clivages politiques pour se concentrer sur la défense des intérêts du canton.

 

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